TW : Abus sexuels, harcèlement

Qui n’a pas déjà entendu, à propos de violences sexuelles, « pourquoi elle n’a rien dit ? Pourquoi elle a pas déposé plainte ? ». Pour des violences conjugales « pourquoi elle s’est pas défendue ? Pourquoi elle est pas partie ? ». Alors certes, les raisons sont souvent multiples. Mais selon ma propre expérience, aucune n’est plus forte et vicieuse que l’auto-silenciation. Ce phénomène pernicieux qui nous laisse penser que c’est plus simple de ne rien dire, après tout est-ce que j’exagère pas un peu ? Ça doit pas être si grave, et de toute façon blah blah…

A froid, comme ça, il est facile de trouver ça un peu idiot. On est victime on se plaint, point. Sauf que pour ça, il faut se battre contre des années de conditionnement qui remontent à l’enfance. On va capter des conversations, des films/séries qui évoquent les violences sexistes, et déjà enfant, on va assimiler que la violence que l’on reçoit si on parle va simplement s’ajouter à celle ressentie lors du ou des actes dont on est victime. Pourquoi s’infliger ça ? Puis viennent s’ajouter les première violences réelles. Je n’ai jamais rencontré de femme qui n’ait rien à dire à ce sujet…

La première fois que j’ai eu peur pour ma vie pour la simple raison d’être née fille, je n’avais même pas 10 ans. Je ne parle presque jamais de cet événement parce que sa simple évocation réveille en moi ces sentiments mêlés d’impuissance, de frustration, et d’une peur viscérale de crever. Pourtant, il ne s’est « pas passé grand chose ». Ce jour-là, ma cousine et moi avons de toute évidence échappé à un enlèvement. Nous jouions au milieu de la campagne, au bord du village, seules comme toujours (on était très libres, petites, mais nous étions raisonnables et restions toujours dans le village), quand on a remarqué le type en voiture qui faisait du repérage, lentement, en nous regardant bizarrement. On a attendu, mal à l’aise, et il est revenu, en recommençant son manège. Après plusieurs passages, on a commencé à vraiment avoir peur, sachant que, vu son circuit, il risquait de nous couper la routes sur les deux seuls accès nous permettant de rentrer à la maison, que ces deux trajets comportaient un court (et si long) passage entre des prés, donc assez loin des maisons pour que personne ne nous entende appeler, et que nous avions peur de ce qui pourrait se passer si il nous voyait nous sauver. Alors on est parties… Par les bois. Avec le recul, c’était une idée un peu idiote, mais dans nos esprits de petites filles on a pensé que c’était le plus simple pour se cacher. Quoique, je dis ça mais je ne sais pas comment je réagirais aujourd’hui… Bien vite, le bruit du moteur s’est de nouveau fait entendre, et nous nous sommes cachées derrière un talus, le souffle court. Il avait changé son trajet, il allait toujours aussi lentement, et clairement -il nous cherchait-. Je peux vous assurer qu’on a pas besoin d’être adulte pour savoir ce qu’on risque dans ce genre de cas. Nous sommes restées cachées un long moment, attendant qu’il revienne pour pouvoir partir juste après son passage, et heureusement car il est passé une ultime fois. Dans l’autre sens. Une fois sa voiture hors de portée, on est parties, et je ne saurais pas dire combien de temps on a marché, perdues, jusqu’à un autre village où on a pas osé demandé à téléphoner (la panique nous faisait craindre tout le monde). J’ai regardé les panneaux, et on a retrouvé le bon chemin pour rentrer. Pourquoi raconter cette histoire ? Pour ses conséquences, ou plutôt ses non-conséquences. Lorsque nous sommes rentrées, on a décidé de ne rien dire. Il était encore bien tôt, même si j’avais l’impression d’être partie depuis une eternité, et personne n’avait eu le temps de s’inquiéter pour nous. Alors on a à peine évoqué « un type bizarre ». Pourquoi ? Parce qu’on avait peur d’être punies pour ça. Ho, pas avec des coups (ce n’est pas le genre de la famille), mais simplement que nos parents refusent de nous laisser nous éloigner par la suite. La peur d’être finalement deux fois victimes de cet incident nous a empêché de parler. Nous avons intégré ce jour-là les risques qu’il fallait accepter de prendre pour pouvoir jouir de notre liberté.

Personnellement, j’avais également peur qu’on ne nous écoute pas, d’autant que ma cousine était déjà connue à l’époque pour beaucoup mentir (sur des sujets parfois graves). Rétrospectivement, je sais qu’on m’aurait écouté, moi. Mais dans une situation aussi stressante, je n’avais pas la force de tout raconter, et de justifier d’éventuelles contradictions/exagérations du récit de la part de ma petite cousine. Le silence était préférable. Ce qui est incroyable, c’est que la communication a toujours été aisée dans ma famille, ce qui signifie que j’étais déjà conditionnée par le système extérieur, toute petite. Et malgré tout, ça devrait être simple de parler de nos problèmes, adultes ? Meh.

En grandissant, cela devient un automatisme à la limite du ridicule. On ne parle pas des viols, de l’ex pédophile, on la ferme parce que les pauvres, quand même, on ne va pas ruiner leur réputation auprès de leurs potes. On ne balance rien sur ce journaliste JV parce qu’il est connu, et sa carrière alors ? Oui, c’est un gros dégueulasse biphobe mais bon. C’est pas sa faute. Automatique.

Le problème de cette « solution » c’est que ça n’arrête pas la violence : ça la déplace sur nous. Parce que si toi, pauvre cruche, tu te tais, eux ne se taisent pas et te chargent d’autant plus qu’ils ont des choses à se reprocher. Et chaque violence que tu te manges, tu l’acceptes en pensant que « ça pourrait être pire ». A quel point ? Aucune idée. Mais « ça pourrait ».

Sans surprise, un jour on se dit que ça commence un peu à bien faire, faudrait peut-être pas déconner. Alors, révolution : on gueule. Et ce qu’on a redouté toute.sa.vie commence.

Anecdote.

Ceux qui me connaissent/lisent depuis longtemps ont sans doute vu passer cette « shitstorm », comme on dit dans le jargon. En résumé, une vague (et très ancienne) connaissance m’avait fait du rentre-dedans extrêmement sale sur msn (nostalgiiie…), en me racontant des horreurs sur sa femmes, sur les plans Q qu’il arrivait à trouver, etc etc, alors que je lui avais signifié plusieurs fois mon désintérêt pour ça (le terme technique est « proprement envoyé chier »). Mais c’était cette période charnière où j’avais encore envie de croire qu’on pouvait obtenir mieux des salopards misogynes (depuis j’ai arrêté, merci bien), donc j’ai essayé de le reprendre, de lui dire d’arrêter, etc etc. Forcément ça s’est mal terminé, j’ai évacué ma frustration sur ce blog, et voilà, pour ma part c’était un point final à cette histoire (ne cherchez pas, j’ai enlevé l’article. Trop sympa, je vous dis.). Aucune chance que sa femme le lise, n’est-ce pas. Je ne la connais pas. En tout cas aucune de le reconnaître, car je ne cite jamais de nom (Sympa, ou cruche… En fait j’hésite). Pourtant, bah, si (ne me demandez pas comment, j’aime mieux éviter de me poser la question). Elle m’a contactée, je n’avais pas grand chose à ajouter, et j’ai même eu la délicatesse de ne pas le charger davantage, par égards pour elle. Après tout elle savait déjà ce que j’avais à dire, à elle de voir ce qu’elle voulait faire. Chacun ses choix. Ne partez pas, c’est là que ça devient comique : il m’a -incendiée-. J’avais tenté de « ruiner son mariage », et est-ce que je pensais aux enfants ? Ce genre de conneries. Je regrette d’avoir jeté le mail, j’aurais dû le faire encadrer. Mais il ne faut pas perdre de vue que, pour lui, c’est sans doute une réaction normale. Dans une société où tout est toujours la faute des femmes, un homme (cishet) ne peut pas reconnaître ses erreurs (il est programmé pour ne pas en faire, après tout), il va forcément faire la seule chose qu’il sache faire : agresser celle qui parle. Celle qui « ruine » un mariage c’est toujours « l’autre femme » (vile tentatrice ! Sorcière !), même quand elle n’a rien demandé, même si elle ne l’a même pas vu, même si, même si… Si l’homme chie dans la colle, la femme doit lui torcher le fion (Abraham Lincoln).

Au delà de l’aspect personnel, ce comportement va également avoir pour fonction de sanctionner celle qui sort du rang en lui réapprenant où est sa place : dans le silence soumis. Souvent, ça va fonctionner. L’humain n’aime pas souffrir et va chercher la solution la plus simple pour faire cesser la violence. Dans le cas présent, le plus court chemin vers la paix est le silence.

Après, bien entendu… Y a les chieuses. Les frustrées, les sales connes, les mal baisées, qui vont, par esprit de contradiction, faire tout l’inverse. Riprizent. J’ai accepté mes choix passés, même si ils n’étaient pas toujours judicieux, et repensé ma place dans certains problèmes (ça va sembler idiot, mais il faut longtemps pour réaliser que quand t’es victime de violences sexistes étant ado, c’est pas de ta faute mais celles des hommes adultes qui y ont participé. J’ai trouvé le moyen de me dire que le revenge porn entre potes, je l’avais mérité. Je reviens de loin, hein.). Outre le fait que ce soit reposant, de faire la paix avec mon « moi passé », ça m’aide à ne plus me taire. En plus ça marche : ayant eu affaire à un stalker un peu idiot il y a peu, j’ai tourné ça en dérision en en parlant autour de moi, et l’impact émotionnel a été infime. A vrai dire, ça a plus choqué les gens à qui j’en ai parlé que moi. On peut peut-être y voir une forme de désensibilisation, aussi, mais le fait d’en parler librement aide à prendre confiance en soi, et c’est important (et puis la méthode était parfaitement ridicule, je suppose que ça joue). D’où la multiplication des groupes de paroles sur le harcelement sur internet, par exemple.

Le patriarcat se construit avant tout sur le silence des victimes. C’est ce que j’essaie d’expliquer quand on me dit « pourquoi elle a rien dit ». J’explique que c’est pas facile, j’explique le conditionnement, j’explique la violence envers les contrevenantes. La loi n’aidera pas les victimes, elle n’est pas du tout capable de gérer ces problématiques. Il faut se débrouiller seules, et compter en priorité sur nous-même. Je ne parle pas de violence physique (dont je suis de toute façon bien incapable) mais de faire tant que possible, et envers et contre tout, la chose qui fait si peur aux agresseurs : parler. Déverser nos histoires, nos passifs, et nos solutions. Échanger, donner notre expérience aux autres meufs, avec un paquet cadeau. Et aider celles qui en ont besoin autant qu’on a pu avoir besoin d’aide par le passé, même si pour nous il n’y avait personne. Parce qu’on ne sait pas ce qui peut faire une différence dans la vie de quelqu’une, et à quel point cette différence peut tout changer.


TW : évocation du viol, mais si vous vous sentez capable de le supporter, c’est vraiment une excellente lecture.

Couverture du livre "The knitting circle rapist annihilation squad"

« Peut-on rire de tout », éternelle question, plus que jamais au cœur des débats grâce au replis réactionnaire global. Généralement, il est probable qu’un homme blanc cis-hétéro réponde « mais OUI, parce que liberté d’expression laïque et républicaine ! ». Les autres catégories de population seront souvent plus mesurées, allant parfois jusqu’à proposer des idées aussi extrêmes que « le mieux serait d’éviter de blesser les gens » (sentez sous vos pieds trembler la démocratie).

Comment ne pas avoir peur de l' »humour » quand la plupart du temps, il ne s’agit que des mêmes non-blagues ressassées ad nauseam sur les mêmes catégories de population… Alors qu’il est effectivement possible de rire des choses affreuses ou tristes si on possède la délicatesse requise pour le faire, et surtout le bon angle (sans jamais obliger les gens à en rire, également). Dans le cas d’aujourd’hui, il va être question du viol (le titre de l’article étant également celui du livre). De nos jours, la plupart des « blagues sur le viol » tournent en boucle sur la même chose : lol le ghb lol abuser des femmes inconscientes mort de rire. N’oublions pas, une fois encore, qu’une femme sur cinq a déjà été victime de viol ou de tentative de viol dans sa vie, et qu’il faut donc être totalement dépourvu d’empathie pour risquer de rappeler ça à quelqu’un. Comptez vos proches, familles et amis, femmes, et évaluez vous-même le risque. Non que ce soit pire de faire ça à vos proches, c’est cruel -pour tout le monde-, mais cela aidera peut-être certaines personnes à bien assimiler que le viol n’est pas un concept abstrait, ça touche probablement quelqu’un de proche, sans qu’iel le dise. N’oublions pas aussi que les hommes qui en sont victimes ont du mal à en parler justement à cause de la pression viriliste exercée par leurs pairs. Ce genre de « blagues » ne fait donc rire qu’une catégorie de population, inutile de rappeler laquelle (les violeurs ! Oups, je suis incorrigible.).

C’est ici qu’intervient ce livre, dont le titre dit tout ou presque : the knitting circle, rapist annihilation squad, ou environ « le groupe de tricot, escouade d’annihilation des violeurs » en français. J’ai acheté ce livre sur un coup de tête, sans connaître les auteurs, parce que j’étais très intriguée. Chacun sait que mélanger craft et politique, c’est mon truc (non ? Checkez les archives alors !), et un titre mêlant tricot et vraisemblablement féminisme ne pouvait pas me laisser indifférente. Et effectivement : oui, c’est un roman (une nouvelle ?) féministe. Résolument, magistralement féministe. Mais c’est surtout extrêmement drôle.

L’histoire : Brigitte, la cinquantaine, flamboyante, échappe un jour à un viol en tuant son agresseur avec ce qui lui passe sous la main : ses aiguilles à tricoter. Car, voyez-vous, Brigitte fait partie d’un club de tricot, ainsi que Gina, Mary, Christine, Jasmine et Suzie. Chaque semaine, ces six femmes totalement différentes se retrouvent (dans une usine de fromage, on fait avec ce qu’on a) pour tricoter et discuter tranquillement. Jusqu’au soir où Mary, moins loquace qu’à son habitude, explique que sa petite-fille a été violée par un homme important, et fatalement intouchable. Les langues se délient, chacune évoque sa propre expérience et, finalement, elles réalisent qu’elles ont toutes été violées. Aucun agresseur n’a été arrêté (et pour cause, l’un d’entre eux est même policier, un autre est devenu prêtre), et bien vite la discussion atteint le fameux point « il faudrait que quelqu’un fasse quelque chose », point précédent la fin de la discussion, faute de solution. Mais ce soir-là, Brigitte avoue avoir tué son agresseur. Le choc passé, l’idée naît, timidement puis sérieusement, que puisque rien n’arrêtera jamais les violeurs, il faut le faire soi-même. C’est ainsi que des meurtres mystérieux, commis avec des aiguilles à tricoter, vont faire la Une des journaux.

Si ce synopsis ne vous met pas l’eau à la bouche, je ne sais pas ce qui le fera.

Soyons tout d’abord très clairs sur un point : si le viol est le thème central du roman, aucun n’est décrit explicitement. Il y a deux tentatives de viol évoquées, cependant, mais je dois le dire : très intelligemment. Donc n’ayez pas peur d’être confronté à ça, on est à des lieues de la moindre volonté voyeuriste. Même les meurtres ne sont décrits que de loin, souvent par le journal télévisé, donc on évite la violence directe pour se concentrer sur l’histoire et l’humour.
On pourra m’objecter que « c’est mal de faire l’apologie de la violence », et que la vengeance et le meurtre ne sont pas la justice. À cela, je répondrais premièrement « certes. », mais aussi trois autres choses :
– je laisse le livre se défendre sur ce point, mais qu’on soit d’accord ou pas, on ne peut nier que demander gentiment que les viols cessent n’a jamais très bien marché
– dans notre monde, le vrai, hors roman, on ne tue pas des hommes parce qu’ils sont des hommes, mais on tue chaque jour des femmes parce que ce sont des femmes (je ne linke OLF que parce que leur page définie bien le féminicide, croyez bien que j’en suis navrée). Même dans le roman, les hommes ne sont pas tués en fonction de leur genre, mais uniquement parce qu’ils ont commis des viols. D’ailleurs, certains hommes rejoignent le groupe de tricot et tuent, eux aussi, pour les mêmes raisons. Nous n’allons donc pas parler de « meurtres misandres », non, nous n’allons pas.
– Mais enfin, c’est de l’humouuuur aloooors faut pas être coincés comme çaaa ! (Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé blah blah blah…)

Une fois cette question réglée, j’aimerais m’étaler sur des lignes et des lignes pour expliquer à quel point ce petit livre (160 pages en version papier) est un concentré de politique et d’humour qui tape fort et juste, mais ça ne serait pas raisonnable. Je ne sais pas si quelqu’un de non sensibilisé pourra cependant saisir la qualité de certains passages, comme celui-ci :

    The chief says, « You in back, shh. We’re trying to figure ou what to do about these knitting needle murderers. They’ve got our balls in a wringer, all right. »
    Sandy says to the chief, « I have an idea. »
    The chief says, « I wish someone had an idea. »
    Sandy says, « I’ll go in, Chief. »
    The chief says, « I know it’s a rough assignment, but doesn’t even one of you who have the balls to act like a woman ? Won’t any of you volonteer ? »
    Sandy raises her hand. « I volunteer. I was the Regional Knitting Champion in high school, and later I won the Golden Needle, the Pulitzer Prize of the Fiber Arts world. I can fit in with them, no problem. »
    The chief says, « It’s going to cost so much to train one of you to knit. Don’t any of you already know how ? »
    Another cop speaks up, « I saw Sandy knitting in the break room. Why don’t we send her ? »
    The chief says, « That’s a brilliant idea. I’ll remember that when you’re next up for promotion. »

Ce qui se joue là, ça n’est pas uniquement le comique de répétition, où l’on voit Sandy la policière être ignorée encore et encore, renforcé par la manière de présenter le dialogue (« le chef dit » « Sandy dit » « le chef dit, etc. Jusqu’à l’interruption). C’est surtout la caricature de ce qui se passe souvent dans le monde du travail pour les femmes : reléguées au rang de sous-employé, ignorées, dont les idées sont pillées et portées au crédit d’hommes. C’est de cela dont on parle quand on dit que l’humour n’est pas « que ça », on voit clairement avec ce simple dialogue que c’est bel et bien un excellent outil pour faire passer des idées. Mais une fois encore, peut-être que ce livre ne s’adresse pas à tout le monde. Ceci dit sa portée humoristique ne réside pas seulement dans les messages politiques, il est également fortement dosé en humour absurde (la description de l’enterrement du chanteur de country est magique) et « pince-sans-rire ». Par ailleurs, les messages politiques ne sont pas tous orientés vers le féminisme :

    Daisy’s Craft Barn is the essence of Americana.It’s as American as apple pie, baseball, the Fourth of July. It’s as American as invading small Latin American nations. As American as bombing people in Southeast Asia, Africa, the Middle East. As American as land theft from the indigenous. As American as a phony democracy where no matter whom you vote for, the corporations win. As American as « free trade » policies enforced by the largest military the world has ever seen. As American as the importation of cheap crap manufactured in sweatshops around the globe to fuel a meaningless and frenzied consumer culture.

(Est-il utile de préciser que le thème de prédilection habituel des auteurs est le capitalisme ? Je ne pense pas.)

Je pourrais parler du MAWAR (« Men Against Women Against Rape »), ou de PATE (une organisation antispéciste utilisant le sexisme pour sa promotion. Une fois encore, toute ressemblance, hein… Wink wink.), de Billy Bob le MRA presque-mais-pas-si-classique, ou de Nick le gentil qui tente de bien faire, mais qui n’écoute rien (il sait forcément mieux qu’une femme ce qu’il convient de faire, après tout) et ne fait que des bêtises, mais je vais finir par écrire un article plus long que le récit d’origine. Le livre est court, encore une fois, mais à mon sens, c’est un vrai tour de force de faire passer autant d’idées aussi clairement et agréablement, et en si peu de place. Il y a même un peu d’auto-dérision qui ne fait pas de mal. On se retrouvera certes plus souvent à sourire qu’à rire aux éclats, mais il faut admettre que certains passages sont de toute beauté :

    Franz asks, « What made you realize that the killers are chicks, I mean women ?
    Chet speaks with the certainty of the perpetual clueless. « Well, Franz, they’re juste like every normal rational killer in every way, but for one bizarre freaky exception. »
    « What is that, Chet ? »
    « It’s almost unheard of in the long, illustrious history and tradition of serial killing. It’s frankly horrifying. »
    « Tell us, Chet. »
    « All the victims are men. »

J’aime beaucoup l’emploi du mot « rationnel », en passant. Une fois encore, la force du message est dans le détail.

Finalement, ce que j’aime le moins dans tout ça, c’est la conclusion. Sans spoiler, ça se termine bien. Tellement bien que la réalité pique un peu. Certes, au long du récit, on pourra se plaindre de son aspect un peu cis-centré, d’un traitement un peu étrange par moment de la question du travail sexuel (tant la prostitution que l’industrie du porno) mais globalement, c’est vraiment un excellent travail, qui gagnerait à être connu.

Hélas, il n’existe pas de traduction française à ce jour et il n’y en aura sans doute jamais, le livre n’étant vraiment pas très connu et sans doute pas un investissement rentable pour un éditeur français (*long soupir*). Mais si vous lisez assez bien l’anglais, il est disponible sur Amazon en version papier et Kindle (5€ bien dépensés, si vous voulez mon avis)  Et si votre maîtrise de l’anglais est moyenne, le Kindle permet de traduire facilement les mots inconnus (Et de surligner. Ma copie est surlignée à 50% environ, je dirais.). Vous pouvez également acheter sur les sites des auteurs, mais il faut penser aux frais de ports depuis les Etas-Unis : Site de Stephanie Mc Millan (elle vend même le patch de la couverture, que quelqu’un me retienne…) – Site de Derrick Jensen De plus, Stephanie McMillan mène actuellement une campagne kickstater plutôt amusante, c’est le moment de la soutenir.

En résumé : ce livre est un achat compulsif passé en 1click sur Amazon à 4h30 du matin, en pleine recherche sur l’activisme et les arts textiles. Un achat compulsif dont je n’attendais pas grand chose, et sur lequel je fais un article parce que c’est un petit moment de bonheur que j’aurais voulu connaître plus tôt et que j’ai vraiment envie de partager. J’envisage même de faire une traduction « artisanale » pour les proches qui ne lisent pas l’anglais. Alors je pourrais sobrement dire que je le recommande, mais ça serait tragiquement en dessous de la vérité.

Je laisse la conclusion au livre, avec une illustration en douceur de ce que le monde pourrait être, si il était parfait :

    The women pass a building under construction.
    A construction worker notices them. He yells, « Hey ! hey ! »
    They turn, smiling.
    Jasmine says, « Yes ? »
    He points at them, says, « Your yarn… It’s dragging on the ground ! »
    Jasmine thanks him, and tucks the yarn back in her bag.



TW : cet article traite essentiellement du suicide, si le sujet est sensible pour vous je vous en déconseille la lecture.

Actuellement (encore, toujours, pour l’éternité), la polémique fait rage : les jeux vidéo ne seraient qu’un divertissement vide de sens pour certains, alors que pour d’autres il est un médium comme les autres, porteur d’un message, et mérite donc tout autant d’être critiqué (définition de la critique : « La critique est un examen raisonné, objectif, qui s’attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur »).

Une fois encore, je pense clairement que tout médium véhicule un message, volontairement ou non (par du texte explicite, des mécanismes, des choix esthétiques…), et qu’il est vital d’en avoir conscience pour pouvoir se prémunir au mieux des effets néfastes tout en profitant à fond des effets positifs. De plus, chaque personne a sa propre lecture (comme avec un livre ou film), et c’est ce qui rend les échanges sur le sujet aussi stimulants.

Bref, revenons-en au sujet qui nous occupe : alors que je jouais donc à The Cat Lady l’autre jour, une affirmation lancée par un des personnages m’a fait bondir :

Un jour, je ferai peut-être un article complet sur ce jeu (qui a pour lui d’être un fantastique jeu d’horreur, et contre lui d’être parfaitement hideux, en résumé), et ça m’embête de prendre l’exemple spécifique de ce jeu pour illustrer mon propos, donc ne vous arrêtez pas à ce détail et jouez-y. C’est une expérience. Mais en attendant, cet exemple est parfait. Nous avons ce personnage, qui représente un psychologue, donc une figure d’autorité, qui explique calmement que « les hommes ont trois fois plus de chances de se suicider que les femmes » (et que l’héroïne ayant tenté de se tuer est une exception). Moi, je sais que c’est un peu plus compliqué que ça. J’ai le bagage nécessaire pour le dire. La preuve, je vais le faire sous peu. Mais tout le monde ne l’a pas, et à aucun moment dans le jeu cette affirmation n’est remise en cause. Bien entendu, on pourrait me dire que le simple fait que l’héroïne ait tenté de se suicider est une contradiction à ce propos… Sauf que non. Si on vous dit que les hommes se suicident trois fois plus que les femmes, ça ne signifie pas que les femmes ne se suicident pas du tout.

Ce qui m’a profondément dérangé, c’est que cet argument précis est répété en boucle par les masculinistes (au même niveau que la garde des enfants qui irait majoritairement aux femmes, ce qui est également un argument fallacieux : pour avoir la garde, il faut commencer par la demander). Le fait que les hommes se suicident (terme qui implique le décès, j’exclus là les tentatives) plus souvent que les femmes serait le signe d’une société féminisée où les hommes ne trouvent plus leur place, blah blah blah. Sans vouloir entrer dans une explication complète, si le suicide des hommes est liée à un problème genré, ça serait plutôt un contrecoup de la culture viriliste. Mais bref, là on parle chiffres, purement et simplement. Alors pourquoi ça ne va pas ?

Commençons par ce qui est exacte : les hommes se suicident plus souvent que les femmes :
Ici, des données mondiales :


(source : rapport mondial sur la violence et la santé, publié par l’Organisation Mondiale de la Santé, complet et en français ici et dans d’autres langues ici. Le chapitre spécifique est « la violence dirigée contre soi-même », téléchargeable sur la même page sans le reste du rapport (ce qui serait dommage, c’est un peu aride à lire mais assez intéressant).

Et là, les statistiques françaises de entre 2000 et 2003 :
(Source)

Mais, une fois encore, on parle là de suicides, pas des tentatives, donc des décès. Il est reconnu (et documenté) que les hommes utilisent des méthodes de suicides plus expéditives que les femmes lorsqu’ils en ont la possibilité (comme les armes à feux ou la pendaison, par exemple, alors que les femmes préfèrent les solutions chimiques : poisons ou médicaments). Le conditionnement social du genre en pleine action. Des différences de méthodes sont également visibles d’un pays à l’autre, en fonction notamment de la législation locale sur les armes à feu. Sans surprise, ce diagramme sur les méthodes les plus couramment employées aux États-Unis (en 2011) montre une prédominance des armes à feu (un peu plus de 50%) :
(Source)

Lorsqu’on regarde les résultats en France, on obtient un tableau bien différent
(Source)
On constate que les moyens de mettre fin à ses jours sont liés avec ce qu’on peut avoir à disposition, avec une majorité des morts par suicide provoquées par la pendaison (presque la moitié des hommes et un tiers des femmes), suivi par l’empoisonnement (presque un tiers des femmes et 10% des hommes, toute intoxication confondue).

En revanche, là où l’argumentaire masculiniste ne tient plus, c’est sur la partie de la population qui a -tenté- de se suicider. En effet, la majorité des tentatives de suicides sont le fait de femmes. Par exemple, aux États-Unis :
(source, à explorer à loisir)

En France, la situation est globalement la même :  » Entre 2004 et 2011, le nombre total d’hospitalisations masculines pour TS était de 279 147 tandis que celles concernant les femmes était de 486 469. » Le nombre de personnes décédées reste loin derrière ce chiffre.
(Sources)

De plus, il est intéressant de revenir sur les méthodes employées. On pouvait par exemple se demander en quoi les méthodes sont si clairement genrées alors que, sur le nombre de suicides en France, presque la moitié des hommes et un tiers des femmes sont morts par pendaison. C’est en mettant ces chiffres en parallèle avec les tentatives de suicide qu’ils prennent tout leur sens : la pendaison représente seulement 1,6% des tentatives de suicide, et sont à 75% le fait d’hommes. On remarque en passant les statistiques pour les armes à feu : parlant.
(même source qu’au dessus)

TL;DR : j’ai fait un petit diagramme pour rendre tout ces chiffres plus clairs. Basé sur les mêmes sources, j’ai simplement additionné les suicides et les tentatives de suicide pour l’année 2011 en France, soit 10 524 suicides (à 73% masculins, statistique établie grâce au rapport de l’OMS suivant) et 101 260 tentatives (38 693 par des hommes et 62 567 par des femmes, ici)Et si c’est plus clair en toutes lettres : en tout, sur l’année 2011, sur la totalité des personnes ayant tenté de se suicider il y a eu :
56% de femmes hospitalisées
– 35% d’hommes hospitalisés
– 2% de femmes décédées
– 6% d’hommes décédés

Bref, tous ces chiffres pour dire quoi ?
1- Il faut toujours garder son esprit critique, même quand on joue à un jeu vidéo pour simplement se divertir, parce que tout support véhicule un message. Là, c’est une affirmation problématique non remise en cause, mais ça peut être une mise en scène dévalorisante pour les femmes, par exemple. J’ai choisi un exemple facile à expliquer pour que ce soit plus clair pour tout le monde. Je le répète, mais critiquer ne revient pas à dire que tel support (ici les jeux vidéo) est naturellement mauvais, ou malveillant, ou que sais-je. Le monde n’est pas aussi manichéen, il est fait de nuances.

2- La mise en avant du nombre de morts par suicide dans une logique masculiniste est dangereuse : elle efface totalement que les hommes (cis hétéro, même) ne sont pas la catégorie sociale qui tente le plus souvent de mettre fin à ses jours. Ou même « seulement » d’appeler à l’aide. Et encore, je ne parle que des statistiques faciles à trouver, c’est à dire les personnes cisgenre, sans prise en compte de la sexualité. Si on cherche des statistiques sur les personnes LGB, le taux de tentatives de suicides sera bien plus élevé. Et si on regarde du côté des personnes trans et non binaires, les statistiques crèvent le plafond. Peut-être que pour certains, le nombre absolu de décès est plus significatif. Admettons. Leur fréquence au sein d’une classe sociale ou d’une communauté me parait pourtant plus parlant. Quoi qu’il en soit, une seule donnée sociale ne doit pas être sortie de son contexte : il faut expliquer ce que veulent dire les chiffres, et ne pas oublier les chiffres qui leurs sont liés. Oui, c’est chiant, mais ça évite de se faire avoir par des discours simplistes. Attention, je ne dis pas que les suicides masculins sont sans importance, je ne dis pas que c’est pas grave. J’espère d’ailleurs n’avoir par été trop indélicate ou froide dans cet article, et je m’excuse si j’ai pu donner cette impression. Ce que je dis, en revanche, c’est qu’il est malhonnête de tenter de prouver un éventuel « malaise masculin » en annonçant hors contexte que trois fois plus d’hommes que de femmes se suicident. La réflexion est faussée à la base.

3- C’est vachement bien, The Cat Lady, mais il vaut ne pas être mal dans sa peau avant d’y jouer (il faudrait également une liste longue comme le bras de trigger warnings avant de lancer le jeu). Et il y a aussi des remarques pertinentes :


Ce jour là, j’étais pas encore passée sur Twitter. Je précise, parce qu’en général c’est là que je découvres les dernières polémiques, et que j’ai donc le temps d’assimiler, de me préparer, et de décider à l’avance si je veux en savoir plus ou pas. Mais là, non. Dommage ma poule.

En ce merdique merveilleux jour du 4 Novembre, je regarde fébrilement si ma maigre entrée d’argent est disponible sur mon compte en banque (spoiler : non), et je commence à préparer les cadeaux de Noël. J’ai déjà une petite liste, je regarde par où commencer, et je parle avec le chéri de son cadeau : un nouveau téléphone. Ça fait un an qu’il a explosé la vitre de l’ancien, remplacé, et re-explosé, bref il est temps de faire quelque chose. On regarde les modèles, il arrive pas à se décider, m’envoie trouzmille liens, et on arrive péniblement à établir une petite liste de choix potentiels. Sauf que, hé, ça coute cher ces trucs. Alors je pense à Rue Du Commerce, chez qui j’ai commandé souvent (la première fois, en avril 2005… Il y a bientot 10 ans.), et profité plusieurs fois de leurs facilités de paiement. C’est un des rares sites à gérer ça tout seul, sans passer par un organisme de crédit à la con, sans demander de justificatifs, bref c’est cool, et en général pas trop cher. J’entre donc l’url du site, et là. Hm. Je vois ce message me poper à la gueule :

Capture du site indiquant

Le truc, c’est qu’il a mis un moment à charger, et ce que j’ai vu avant le message c’est les 2 boutons en bas (« je suis un homme » et « je suis une femme, je continue (même pas peur) »). De quoi rendre perplexe. J’ai donc attendu sagement la fin du chargement avant de cliquer. Brave bête. Puis… bon, comment rendre le sentiment qui m’a submergée quand j’ai lu ? Imaginez un inconnu déguisé en père Noël qui vient vous balancer une tarte dans la gueule, comme ça, dans la rue. Je crois qu’on est pas loin. J’ai dit « heu attends, il se passe un truc bizarre » au chéri, puis j’ai lancé à voix haute des morceaux de texte (en partie pour lui expliquer pourquoi j’avais perdu le fil de la conversation, en partie pour intégrer que j’étais pas en pleine hallucination). Arrivée à la fin, j’avais les boules à un niveau tel que j’ai même pas eu le cœur de choisir une option pour passer ce pop-up de merde et que j’ai fermé la fenêtre. Réflexe maintenant classique, j’ai immédiatement googlé « rue du commerce sexisme ». Cela faisait donc 3 heures que leur merdier était en ligne, quelques articles en parlaient déjà. C’est dans l’article de madmoizelle (site que je n’aime pas trop par ailleurs, mais bref) que j’ai vu ce qui s’affichait quand on indiquait être un homme : le drame.

Pardon, un Homme. AVEC UNE TRADEUSE DE MAJUSCULE. J’ai pas envie de revenir sur le contenu, tellement il est affligeant (sérieux, les mecs, ça ne vous donne pas envie de lutter contre les stéréotypes, là ?) Mais j’ai eu envie de chialer. Je sais qu’on devrait être habituéEs aux campagnes de pub sexistes, mais merde, elle est d’une violence celle-là ! J’étais en mode « achats de Noël », toute joyeuse, et le site où je voulais acheter m’explique que j’ai rien à foutre là, avec un pop-up qui, à lui seul, coche toutes les cases du bingo « mécédlhumour ». En plein GamerGate (et avant Noël, merci, ça m’aide à faire du trie) un groupe de mollards à visage humain offre une campagne d’une misogynie crasse, explique que les meufs comprennent rien aux consoles de jeu (anéfé, je joue surtout sur pc, bouffons.), aux smartphones (mais je croyais que c’était là-dessus qu’on jouait, gettez vos shits tougéveurs un peu !), aux télés (l’Homme regarde le foot, les meufs des comédies romantiques. Et c’est ainsi, les enfants, qu’on perpétue les stéréotypes de genre…) ou aux cartes graphiques (c’est juste probablement mon cadeau de Noël). Vous avez su choisir votre moment.

Le coup au moral est violent, parce que c’était un jour déjà pas très haut à ce niveau-là, que j’avais pas prévu de me faire agro comme ça au moment de faire des cadeaux, le truc que j’aime faire tous les ans parce que j’aime bien plus faire des cadeaux qu’en recevoir, et que ce petit moment de plaisir est devenu une foutue nausée. Je n’avais jamais rien eu à reprocher à ce site. Il était neutre, faisait son taf, point. Il était mon premier point de référence pour ce types d’achats. Là, franchement, c’est plus possible. C’est pas OUBLIABLE. Bien entendu, je ne vais plus rien acheter là-bas, et je ne suis pas la seule. Même si c’est quelques euros plus cher (la taxe d’auto-préservation/d’éthique…). Je sais que leur campagne va marcher, que des gens vont trouver ça teeellemeeeent subversiiiiif. On ne va pas avoir la naïveté de jouer la carte des fausses menaces de type « vous allez vous attirer un public de réacs de merde », vu qu’ils le font spécialement POUR ça. Attirer la sympathie d’une partie de leurs clients, ou de ceux qui ne le sont pas encore, de façon durable, en forgeant une image de marque. Une image de merde, oui, une image misogyne, oui (j’ai trop hâte d’avoir la version pour femmes « lessive et cuisine », tiens…), mais ça marche pour certaines personnes. Pour les autres, toujours les mêmes d’ailleurs, il va une fois encore déménager chez la concurrence. C’est pas grave, bien sûr. Mais à force de petites agressions constantes, il y a des jours où je me sens vraiment mal. C’est un de ces jours.

Il y a des gens qui pensent qu’il ne faut pas leur faire l’honneur de « buzzer » avec cette campagne. Je suis en partie d’accord, mais le problème c’est que ça pique, et que je ne sais pas trop me taire quand ça pique. De plus, c’est la deuxième fois en deux jours que j’ai physiquement la nausée à cause de ce genre de comportements (l’autre est trop triggering pour que j’en parle longuement, mais cherchez des infos sur Julien Blanc…). J’en déduis que mon corps commence à m’ordonner de vivre sur une île loin de tout, sans se douter que si j’en avais les moyens, ça serait fait depuis longtemps, l’idiot.

Bref, un jour de plus à patriarcat-land. Pour conclure, je sais que c’est pas toujours facile, surtout quand on a pas les moyens, mais la seule chose à faire c’est de réserver ses sous aux entreprises qui n’insultent pas leurs clients. C’est amusant d’ailleurs : comment on en arrive à croire que c’est une bonne idée, à la base ? Et je sais bien, la liste est longue, mais je crois qu’on oublie jamais ceux qui nous crachent à la gueule.

Bonus track : les leçons de Madame Nanie ! Ce que veulent vraiment les femmes, 1ère leçon -> distribuer des coups de battes dans les dents des malfaisants.