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09.03.10
1969
Ryû Murakami
Editions Picquier Poche
" - Des poulets ? Tu veux exprimer le chaos universel avec des poulets !"
Généralement, quand on ouvre un Murakami, on s'attend à être témoin de violence (physique ou psychologique), de folie, de décadence… C'est pour ça que j'avais très envie de lire "1969", dont le sujet était tout ce qu'il y a de plus léger. Je voulais savoir si mon auteur fétiche pouvait être aussi bon à cet exercice... Résumé officiel :
"1969. Annulation des examens d'entrée à l'université de Tokyo. Les Beatles sortent Yellow Submarine et Abbey Road. Du côté des Rolling Stones, c'est l'année de Honkey Tonk Women, leur meilleur quarante-cinq tours... 1969 est aussi l'année où je passe en terminale dans mon lycée de province d'une petite ville de l'ouest de Kyûshû connue pour sa base militaire américaine. " Rompant avec ses sombres tonalités habituelles, Murakami raconte ses souvenirs de lycéen en cette belle année 1969, quand la jeunesse lisait Rimbaud en écoutant Iron Butterfly, en rêvant de révolution et de filles. Sous la forme d'un bréviaire ironique de la culture pop des années soixante, il décrit les péripéties d'une adolescence mouvementée allant toujours à l'essentiel : le désir, la révolte, l'amour. " Je n'ai pas renoncé au rêve d'une fête qui n'aurait pas de fin. "
Ce livre est un bijou. A une époque où les ados ne sont plus représentés que par des clichés, Murakami nous ramène à l'essentiel : les ados ne sont pas que des victimes perpétuelles, mais aussi des jeunes adultes qui sont prêt à tout tenter sans se soucier des conséquences, qui veulent de l'action, du plaisir, et qui n'ont pas vraiment envie de penser à "demain".
Je ris rarement en lisant, surtout du Murakami, mais cette fois je l'ai fais, et plusieurs fois. Sans concession pour ses amis mais surtout pour lui-même, il nous rapporte avec un rare réalisme ses idées d'adolescents, ses défauts, ses erreurs. Il est impossible de le lire sans se reconnaître un peu, si l'amnésie des "adultes" ne nous a pas atteint.
Tout en se représentant exagérément égoïste et flambeur, Murakami parvient aussi à nous emporter dans cette vague de souvenirs heureux et exaltants avec facilité.
Mais, parce que c'est son style, la fin du livre laisse planer un nuage de tristesse. Nous avons en effet un récapitulatif des "personnages", et ce qu'ils sont devenus. Non qu'il y ai des situations tragiques, mais c'est la fin de l'insouciance qui est triste. Ils ont perdus leurs rêves et leur exaltation, n'ont pas réussi à sauver certaines relations… Comme tout le monde, finalement. Cette note finale rappelle bien que, comme il le dit, on fini tous par être domestiqués et que c'est inévitable. Pour autant, il ne faut pas oublier ce passé joyeux…
Pour conclure, je vous laisse avec un extrait du livre, qui arrive environ à mi-chemin, mais que j'apprécie particulièrement :
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"La mère d' Adama poussa un profond soupir et secoua la tête. Pendant un long moment, elle resta sans dire mot. Ne me dites pas qu'il est devenu fou !
Cette pensée me glaça. Les garçons posés et sensés comme Adama étaient souvent ceux qui résistaient le moins bien aux coups du sort. Je l'imaginais, des rubans de couleur dans les cheveux, vêtu d'un yukata à fleurs, jouant de l'orgue et se trémoussant sur l'air du Petit Papillon. Non, par pitié !
- Pour dire la vérité, je ne l'ai jamais vu ainsi...
J'avais vu juste ... Il hurlait à la lune, la nuit, au pied des terrils.
- De tous ses frères et soeurs, Tadashi est celui qui me ressemble le plus. Il a toujours été un enfant facile et réservé. Un peu trop même, au point que sa timidité m'inquiétait : je ne le trouvais pas assez expansif pour un garçon de son âge.
Je faillis lui dire qu'elle se trompait, que j'avais vu son rejeton au bord des larmes après la lecture de la bande dessinée Joe le boxeur, et qu'il salivait abondamment en feuilletant des magazines pornographiques, mais je me retins.
- Non seulement il est d'une agressivité incroyable avec ses maîtres, mais j'ai également l'impression ces derniers temps qu'il s'éloigne de moi ...
A son âge, c'est plutôt rester dans les jupons de sa mère qui serait anormal...
Je préférai ne rien dire car elle avait les larmes aux yeux.
- Avant, quand il revenait à la maison, il parlait souvent de vous, de son ami Ken ... C'est pourquoi je me suis dit que je pourrais vous rencontrer. Est-ce que vous partagez ses idées?
- A quel sujet?
- Les examens d'entrée à l'université, par exemple. Qu'en pensez-vous ?
- Pas beaucoup de bien. L'éducation au Japon aujourd'hui n'a pas pour but de former des individus, mais des rouages de l'Etat capitaliste ...
Je lui parlai de tout, du mouvement des étudiants, du marxisme, des leçons de la lutte contre le renouvellement du traité d'alliance avec les Etats-Unis en 1960, des romans absurdes de Camus, du suicide et de l'amour libre, du nazisme, de Staline, du système impérial japonais et de la religion, de la révolte des jeunes, des Beatles, du nihilisme et même de
l'abrutissement du vieux coiffeur apathique du coin de la rue.
- C'est trop compliqué pour moi...
Je pouvais difficilement lui avouer que je n'y comprenais pas grand-chose non plus. Je lui expliquai donc que le décalage entre les générations était un phénomène naturel et qu'elle n'avait pas à en avoir honte. Il y avait longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de parler aussi longtemps d'affilée et j 'avais la gorge sèche. Les discussions avec Matsunaga trouvaient leur limite dans son petit sourire douloureux et l'usage du dialecte à la maison rendait impossible tout débat intellectuel avec mes parents. Essayer, par exemple, de parle de "La Peste" de Camus en patois transformait immédiatement le débat en une farce grotesque. Cela donnait: «La peste, ben, c'est point seulement qu'une maladie des gens. Si que ça se trouve que ça serait peut-être un symbole métaphorique du fascisme, du COMMUNISME ou de quelqu'chose dans le genre ... »
En patois, le fait que vous utilisiez des mots qui ne vous appartenaient pas sautait aux yeux. En revanche, bavarder en japonais distingué avec la mère d'un camarade de classe était un vrai plaisir. Elle n'avait jamais changé vos couches, ne vous avait jamais giflé ni fait pleurer parce que vous ne vouliez pas partager votre goûter avec votre petite soeur, et ne s'était pas épuisée non plus à vous porter pendant des heures sur son dos. En face d'elle, vous pouviez briller et laisser libre cours à votre éloquence.
- Mais je crois vous comprendre quand même un peu, dit-elle. Pendant la guerre, j'étais secrétaire dans un bataillon antiaérien sur le mont Yurmihari et j'ai vu des soldats mourir sous les bombardements. Ce que vous voulez, au fond, Tadashi et vous, c'est un monde où de tels événements ne se reproduiront plus, n'est-ce pas ?
Rétorquer «Pas du tout, pas du tout, me faire remarquer pour attirer l'attention des filles est ma seule préoccupation» eût été une remarque déplacée."
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Acheter le livre : chez Amazon c'est bien !
Pour fêter le nouvel an chinois et le retour de mon site, j'ai décidé de faire une petite compil' des mots-clés à la con qui sont sortis en 2009.
Ils n'étaient (heureusement) pas si nombreux, mais certains m'ont quand même bien fait marrer.
Globalement, les statistiques montrent beaucoup de recherches tout à fait normales et honorables, même que ouais. Ce qu'il y a de plus marquant, c'est quand-même la différence des recherches concernants WoW et Dofus. Là où l'énorme majorité de wowiens va utiliser des mots-clés pertinents et correctement orthographiés, les dofusiens parleront à leur ami Google en phrase complètes et écrites environ en phonétique SMSienne. "C'est indiscutable, ce sont les chiffres". On a le public qu'on s'offre, diront-nous. Et moi je me demande de plus en plus pourquoi je n'ai pas effacé toutes ces vieilleries.
Certains trouveront peut-être étrange le choix d'afficher cette sélection au format image, mais il y a une raison simple à cela : contrairement à certaines adolescentes mythomanes en mal de reconnaissance (Vache, c'est ciblé comme attaque o_o" ) j'aime mieux éviter le référencement sur trop de mots tordus. Il y en a déjà assez comme ça, inutile d'en rajouter ^^
J'ai quand même envie de dire qu'il faudrait des formations "Moteurs de recherches", parce que le concept semble assez flou pour pas mal de monde… Bref, j'ai honte, alors à la prochaine fois pour un (peut-être) vrai article !

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¹ Voir ce sketch formidable des Robins des Bois : ici.

Chaque fois qu'on me demande de citer des films cultes, un nom revient plusieurs fois : Takashi Miike. Pour faire court, ce mec est un génie et ose tout, même avec un budget serré (voir Visitor Q), tourné avec un ticket resto environ, et qui est -LE- film de dingue par excellence).
Récemment, il a commencé à faire des films plus "grand public" (voir "La mort en ligne" ), mais il faut bien avouer que même là il excelle. Je ne pensais pas parler de Crows Zero, parce que j'ai la flemme de parler des films que je vois tellement il y en a. Mais ce film est tellement à part que j'ai craqué. Pourtant, c'était pas gagné : on est devant une adaptation (au sens large) d'un manga, ce qui ne donne en général pas de très très bons résultats. Mais là, Résumé du site officiel :
"Genji débarque à Suzuran en terminale. Ce "lycée des corbeaux" est réputé pour être le plus violent au monde. Ici, le statut d'un élève n'est pas décidé par ses résultats scolaires mais à la force de ses poings. Genji est bien décidé à accomplir ce qu'aucun élève n'a jamais fait : conquérir Suzuran !
Pour ce faire, il doit affronter le monstre de l'école, celui qui est déjà presque au sommet après plus de deux ans de combat, Serizawa." [Et stop, la fin est toute bordélique, nan mais c'est quoi ce boulot je vous le demande]
On a affaire à un shônen de base, donc. Sachant que le but du second film est de démonter un autre boss. A priori pas trop mon style, donc. Et pourtant.... aaah *o*
Côté réalisation, bon, rien à dire. C'est beau, classe même dans la crasse, sans faute du côté de l'ambiance d'un lycée japonais délabré. On est loin des racailles "de chez nous", pas de "gangstas" à la con (ça semble évident, mais j'aime mieux le préciser). De même, on est assez loin des yakusa, malgré l'envie de certains de faire partie de la deuxième catégorie. Que Familles de France se rassure : il n'y a aucune incitation à virer criminel, au contraire. Les yakusa présents dans le film font d'ailleurs plutôt leur possible pour éloigner ces jeunes de ce chemin, même quand le jeune en question est leur propre fils (La relation entre Genji et son père mériterait presque un article, tant elle est complexe).
La bande son est vraiment excellente, et le générique de début (le même pour les deux films) est un bijou.
L'action est soutenue, on ne s'ennuie pas une seconde. Scénaristiquement, mon côté fleur bleue me fait préférer le second volet (bons sentiments et élan de groupe powa), mais bon... Précisons tout de même que ça n'est pas un film et une suite hasardeuse, mais une histoire cohérente en deux volumes (même si, paradoxalement, on peut se passer d'un des deux, c'est très bien construit).
Et. Ouiii, les gens qui me connaissent savent de quoi je vais parler, mais que voulez vous... Je suis une femme, c'est comme ça. Donc, l'une des raisons pour lesquelles j'ai regardé ces films et leurs making-of plusieurs fois sans me lasser tient en deux noms : Shun Oguri et Takayuki Yamada. Glups. Ceux qui suivent savent que Shun est "environ" mon acteur fétiche (même si il est plus souvent présent dans des dramas à succès, voir ici), et Takayuki est une découverte vraiment agréable *o* Son air paumé est inimitable. Des beaux mecs, de la baston, du sang, de la baston... Nyaaaan *étoiles dans les yeux, telle une ado devant Robert Patinson*
"Genji" Shun Oguri :

"Serizawa" Takayuki Yamada :

Je tiens à rassurer mes lecteurs masculins : c'est pas du tout un film "de filles" hein. C'est juste que la distribution est généreuse avec les demoiselles, fatalement. L'histoire de base ne compte que des garçons. Et, en passant, une des rares actrices du film (en l'occurrence Kuroki Meisa) est tout à fait à croquer.
En bref, si vous aimez le genre de films où les acteurs passent la majeure partie de leur temps avec des hématomes plein la gueule, je ne peux que vous recommander Crows Zero (les deux). Que des qualités (et des parapluies), et en plus c'est vraiment énergique et stimulant. A voir et à revoir !
Je vous laisse avec ce merveilleux générique, quand même : I wanna change, par The street beats :
Suite a une idée que j'ai eu sur un tout autre sujet, voici les derniers wallpapers maisons !
Ambiance japonaise au rendez-vous, et trois mots pour trois concepts :
- 不屈 (fukutsu) : courage, persévérance, force mentale
- 我慢 (gaman) : patience, endurance, tolérance, self-controle
- 平静 (heisei) : calme , sérénité, tranquillité
D'autre part, j'ai pensé aux débutants en japonais qui pourraient apprécier d'avoir une jolie charte de kana sous les yeux. Il y a donc les deux chartes (hiragana et katakana) à l'intérieur. Comme je suis très pointilleuse, il y a également deux couleurs différentes pour chaque wallpaper, afin de plaire à plus de monde.
Comme toujours, download en cliquant sur l'image, ou bien sur le compte DeviantArt.
C'est tout, et c'est déjà pas mal !
Des personnes mal intentionnées ayant insisté (Je peux donner des noms, sur demande et en privé !), j'ai cédé à la pression et "récupéré" un scan du dernier "Jeune et Jolie". Même si la couverture me donnait déjà des spasmes (le super loup-garou réfrigérateur du Twilight), j'ai quand même osé survoler le contenu. La dernière fois que j'avais lu un truc comme ça, c'était en... *compte sur ses doigts* 1998, environ. Wow, ça ne me rajeunit pas x-x"
Quoi qu'il en soit, c'était ceux de mon amie C. (dont le nom n'apparaîtra pas afin de préserver son image) et ça me faisait déjà beaucoup rire. Tous les sujets les plus débiles imaginables dans un magazine pour ados y figuraient, et même ceux auxquels vous ne songeriez même pas.
Je pensais donc savoir à quoi m'attendre en feuilletant ce magazine, et finalement, c'est encore pire que ce que je pouvais imaginer. Je passerais sur les conseils "mode" et le retour de la robe version "sac droit avec une ceinture au milieu", type "vieux James Bond" (©Sauss), et je m'attaquerais à un quizz amusant. J'ai un peu oublié les tenants et aboutissants, c'était il y a quelques jours et mon cerveau est une machine merveilleuse, mais j'ai gardé un exemple frappant :

... A mon avis, il aurait peut-être mieux valu s'en tenir à un strict choix de couleurs. Sérieusement, le coup des cercles qui se croisent, c'est d'un con ! N'importe quelle personne dotée d'un cerveau se dira "Gris !", sauf que "ben mince, en fait il faut juste choisir une couleur parmi les 6, c'pas sympa". Mais bon, j'ai ris. C'est déjà bien.
EN REVANCHE ! Je décerne la palme du pathétique à l'article type "je sors avec ce mec mais je le dis à personne parce que c'est la honte" (j'ai également oublié le titre exact, mais vous le trouverez dans le "Cruche et ridicule" de février 2010).
Le but de l'"article" était de dresser une liste des mecs avec qui il ne faut pas sortir. Voire, pire : les mecs qu'il faut quitter. Comprendre, dans la plupart des cas : ok on s'amuse bien, mais je dois trouver un mec le plus normal possible, et toi tu dépasses du troupeau alors ça peut pas aller. Comme je vous aime bien, voilà le début de l'article (qui me concerne particulièrement, tiens) :

Un ramassis de clichés gerbants et/ou risibles, pour faire court. Jeune et Jolie prépare les pétasses de demain, c'est bien ! Je tiens à dire qu'à la fin de la liste, à part Dédé le cadre moyen, il restait pas grand monde. Et encore, seulement si c'est pas le frère de votre meilleure copine haaan.
Je me demande si des jeunes filles suivent ce genre de conseils (en même temps, pour acheter le magazine, il faut déjà pas être très cuite). En tout cas ça fait peur. Décider de se mettre en couple avec une personne uniquement pour ce qu'elle représente aux yeux de la société, et non parce qu'on est (OMFG) amoureux (OMFG) ça craint "à mort" (AAAH mon niveau de vocabulaire est en train de baisser dramatiquement, il faut mettre fin à cet article !). Mais le plus grave, c'est de donner ce genre de conseils... J'aimerais pas avoir leur vie. Se prostituer en écrivant pour ce genre de magazines, c'est triste, vaut mieux faire du porno, ça rapporte plus et on se sent sans doute moins sale. Enfin, au moins ça colle à l'air du temps ! Préparons les futures pétasses, oui, mais les futures pétasses UMP-istes surtout !
Voilà :o