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Ces derniers temps, j'ai vraiment pas été gâtée niveau dramas… Allant du "bof bof" au carrément immonde, c'est avec un certain défaitisme que j'ai commencé à mater "Time Between Dog and Wolf" (en réalité, "heure entre chien et loup" en français dans le texte, mais bon…). Du coup, la surprise est d'autant plus agréable qu'elle est -vraiment- inespérée ! (Oui, c'est le principe d'une surprise, mais merde, voilà.)
Le scénario est à la fois simple et alambiqué. On peut le trouver prévisible et téléphoné, c'est parfois assez juste, et pourtant les développements inattendus se multiplient. Vous me direz "ouais, mais ça parle de quoi ?"
Le petit Lee Soo Hyun est élevé par sa seule maman, qui est un jour assassinée par un mafieux. Seul élément reconnaissable : un tatouage à l'intérieur du poignet droit. Adopté par Kang Joon Ho, un agent du NIS, il grandit avec celui qui devient son frère, Kang Min Ki. Adultes, ils entrent tous les deux au NIS.
Lorsque Min Ki présente la jolie Soo Ji Woo à Soo Hyun, il découvre que ces deux derniers se sont rencontrés lorsqu'ils étaient enfants et que leur affection l'un pour l'autre est intact.
Seul soucis : Ji Woo est la fille de Mao, chef mafieux auteur du meurtre de la mère de Soo Hyun, et celui-ci ne le sait pas encore.
Lors d'une opération du NIS, Soo Hyun reconnait le tatouage sur le bras de Mao et fait tout échouer en tentant de l'abattre. Suite à cela, il est viré du NIS… Mais le "grand patron" Junk Hak Soo décide de l'utiliser : un accident factice et une pierre tombale plus tard, Soo Hyun devient un agent infiltré dont le but est d'entrer dans l'organisation de Mao sous le nom de Kay.
On voit qu'on est pas dans la romance, mais plutôt dans un drama d'action, sombre, et dont les épisodes sont fortement dosés en tension. Bien sûr il a des défauts, je vais tenter de les lister ici :
- Un début un peu lent. Vous me direz, sur 16 épisodes d'une heure, pas facile de garder le même niveau tout le temps, et j'aime mieux un début un peu "mou" mais une fin de bonne facture que l'inverse.
- Le personnage de Ji Woo est un assez pénible, notamment vers la fin… Elle ne semble pas comprendre des choses évidentes, et on a un peu envie de la tarter par moments. L'actrice m'est pourtant sympathique, et il faut avouer que son rôle est très différent de ce qu'on a pu voir dans Bad Family, par exemple. Malgré tout, le rôle est un peu lourd, tout en étant d'une grande importance… Dommage.
- Certains éléments de scénario un peu clichés… Heureusement, ça reste léger. Exemple avec l'amnésie de Soo Hyun… Cliché spotted. Pourtant, pour une fois, il y a une bonne justification, il a pas juste loupé une marche m'voyez… Donc ça reste largement tolérable.
Oui, oui, je suis objective. En tout cas si vous vous arrêtez à cette ligne, vous avez encore une chance de le croire.
Parlons maintenant des qualités de ce -très très bon- drama :
- Un scénario qui sait surprendre le public. On doute, on ne fait que ça ! Le théorème de Disney semble s'appliquer alors que, finalement, on se fait souvent balader. L'habitude des dramas pousse aussi à retrouver des schémas connus, par exemple l'habituelle déchirure entre deux frères, tout ça tout ça, alors qu'à la dernière minute on réalise que ça ne va pas du tout se passer comme prévu. Et, croyez moi, ça c'est très bon.
- Pas de manichéisme primaire. On se prend rapidement d'affection pour Mao, par exemple, alors qu'on a connaissance de ses méfaits passés et actuels… Personne n'est vraiment bon ou mauvais. Chaque personnage est traité avec subtilité, et chaque changement peut totalement modifier notre façon de le voir. Un des exemples les plus frappant est représenté par le personnage de "Roadrunner"… Du pur personnage "gris", alignement bordélique. Mais il m'a fait pleurer, le bougre… Il faut admettre qu'il est vraiment attachant.
- Le double rôle Lee Soo Hyun/Kay. Malgré un "Soo Hyun" un peu fade, j'avoue que la différence entre les deux est intéressante. Non et puis, Kay quoi… Le mafieux ultra classe pratiquant le muay thai… Il faut dire que c'est dur d'y être totalement insensible. Je pense qu'on voit vraiment la différence entre les deux personnalités lorsqu'il retrouve la mémoire, d'ailleurs. La transition est assez frappante… Il devient plus chiant quand il recommence à vouloir se venger /troll. Plus sérieusement, je trouve l'acteur plutôt bon, et le rôle en lui-même n'est pas "niais". On sent vraiment que ce mec aurait tout aussi bien pu être un mafieux à la base, et qu'il peut changer de côté à tout moment.
- Min Ki est beaucoup plus intéressant que prévu. De "perdant revanchard" il devient quelqu'un de confiance. Son parcours est un peu lent et très progressif, mais au final c'est une réussite.
- Je reviens sur les combats parce que, zut, le muay thai… L'avant-dernier combat impliquant Soo Hyun m'a d'ailleurs fait pas mal bondir ._. (Nota : poing contre poing à grande vitesse, ça doit faire MAL SA RACE). Y a rien de plus motivant je crois, c'est vraiment bon, et même si c'est pas un thème "central" c'est toujours agréable à voir. On a aussi pas mal de gunfight, même si je les trouve un peu moins "crédibles" c'est toujours sympa. Baston.
- Les cliffhangers sont souvent insoutenables, et la tension est permanente passé un certain point. On ne sait jamais comment la situation peut évoluer et ce brouillard est éprouvant pour le spectateur. Mais c'est bien !
- Une fin vraiment parfaite. C'est assez rare pour être souligné.
Enfin bref, c'est une série vraiment prenante, de bonne facture et qui sort du lot. Je conseille beaucoup !
Comme toujours, on termine sur une petite galerie des personnages :
- La peinture, élément indispensable à l'histoire :

- Le temps du bonheur pour Soo Hyun et sa maman :

- Soo Hyun, gentil style :

- Le même, version "intermédiaire" :

- Et enfin, avec une belle tête de salaud :')

- Min Ki, et sa tête, la seule (oui, il est pas super charismatique quand même ._." )

- Ji Woo, incarnée par la très très jolie Nam Sang Mi :

- Mao, et son air bonhomme :

- Joong Ho, agent du NIS et "papa" des deux héros :

- Young Kil, père adoptif de Ji Woo (oui, c'est compliqué…) :

- Mr Byun/Roadrunner, le fameux personnage "gris" :

- Jung Hak Soo, le directeur du NIS et sa tête de gentil… ^^'

- Ah Hwa, le gentil bougre qui suit fidèlement Soo Hyun pendant son infiltration :

- Myung Jae, incarnée par la choupi-adorable Park Hye Won (oui, je l'aime, elle est trop craquante)

- "Giraffe" (Ji Ra Peu), le garde du corps presque muet de Mao (il a la classe, c'est tout.)

- Sang Shik et sa belle tête d'enculé (méritée, d'ailleurs) :

- Mademoiselle Oh Ming, compagne de Mao, au comportement un peu ambiguë :

Voilà, bon matage :p

Dans les histoires, il y a généralement un méchant. Le plus souvent, c'est celui qui a un nom de méchant, une tête de méchant, une voiture/un vaisseau spatial de méchant, et son but est d'être méchant "comme ça". Avec le cyberpunk, on a pourtant été habitué à une autre représentation des méchants, par exemple les corporations tentaculaires, les PDG et commerciaux propres sur eux, dont le but est de s'enrichir en ignorant les souffrances humaines, bref les systèmes déshumanisés avec pour seul but d'avoir le plus de maitrise possible sur la population tout en gagnant un maximum de pognon (voir Shadowrun, des films à la Blade Runner, The Island, ou Repo Men plus récemment, entre autre bien entendu). Quelque part, dans notre inconscient, cette image est installée. Demandez à n'importe qui dans la rue "trouvez-vous normal qu'une entreprise détienne un monopole et enlève tout choix aux consommateurs ?", normalement on vous répondra que non, c'est mal. Les plus loquaces vous dirons même que c'est propice aux dérives en tout genre.
Très bien.
Voyons maintenant ce qui se passe dans la réalité : les gens aiment être privés de choix. Et, plus étrange encore, ils n'hésitent pas à promouvoir une entreprise pour le plaisir, sans en retirer d'autre satisfaction que savoir que "leur" entreprise fétiche se porte bien. Chaque époque ses dadas de batailles : marque de voiture, de vêtement, d'ordinateur, de console, de téléphone… Oui, vous voyez où je veux en venir. Je sais que, comme toujours, on va m'objecter que je vois les choses de façon extrême et négative. C'est à la fois vrai et faux. Vrai, parce que les entreprises actuelles n'ont à priori pas le pouvoir (et ne l'aurons jamais, j'espère) de s'imposer au point de remplacer/fusionner avec le gouvernement et d'imposer leur vision du monde à la population. En revanche, c'est aussi sous-estimer le fait que c'est en acceptant tout que ce genre de dérives peut se produire. Le pire étant de voir des gens qui vont bien plus loin que l'acceptation mais carrément jusqu'à promouvoir ouvertement (et gratuitement, que c'est boulet) une marque qu'ils aiment bien, parfois même de façon très agressive. J'ai un appareil photo Panasonic, et je l'aime bien. Est-ce une raison pour moi de casser les burnes à tout le monde en disant "IL AY TRO GÉNIAL CEU KON PA LE MEME CÉ DÉ CON" ? Je crois pas. Je crois aussi que c'est déjà pour ça que les commerciaux sont payés. Ça ne me fait pas envie de les remplacer, mais ce qui me fait encore moins envie c'est de défendre les intérêts d'une entreprise, n'importe laquelle hein, mais surtout si je n'y travaille même pas. Ça apporte quoi, ce genre de conduite, à part des problèmes ? Oui, des problèmes parce qu'à force d'être encensé, les entreprises n'ont plus à faire d'efforts pour garder une bonne image. Des produits défectueux ? Inutiles ? Osef, ils vont acheter. Des problèmes éthiques ou moraux ? Pas grave, on a nos fans qui propagent la bonne parole. "Creuser sa propre tombe"…
On parle beaucoup des "lecteurs de livres numériques" en ce moment. C'est l'exemple choisi, mais je suis sure qu'on peut étendre la démonstration à beaucoup de choses… Enfin bref. Outre le fait que ça soit trop cher et que je ne trouverais jamais les livres qui m'intéressent dans les rayons du virtuel, cette mode soulève des questions qui méritent qu'on y réfléchisse. Récemment, la Fnac a lancé son propre service d'achat de livres numériques. J'achète jamais rien à la Fnac, mais pour le coup je pense que si je devais investir dans ce genre de fichiers, je le ferais chez eux. Pourquoi ? Parce que c'est libre. Oui, libre. On achète son livre (format PDF ou ePub), et on en fait ce qu'on veut. On le prête, on le ballade sur autant de lecteurs qu'on veut, et c'est tout. Pour faire simple : on ne paye pas une simple "location améliorée". Parce que c'est bien ce qu'on fait avec la plupart des systèmes fermés… On paye un fichier en format "propriétaire" (oui, le PDF, je sais, mais c'est pas vraiment limité…) qu'on a le droit de lire avec un objet précis, ou un logiciel précis… Le but de la manoeuvre est d'enfermer le client, qui n'aura d'autre choix que de continuer à utiliser les mêmes services de vente pour alimenter son lecteur avec les fichiers au bon format. Et réciproquement : il faudra utiliser le lecteur en question pour pouvoir continuer à lire son livre. Je vais pas affiner, mais la stratégie commerciale commune est bien celle-là. Garder, ferrer le client comme un poisson. Avec la dépendance vient l'argent…

La dépendance, pourquoi ? Parce qu'une fois ferré, on n'a plus le choix : continuer avec la même marque sous peine de devoir remplacer son matériel et racheter ses livres (on la sent bien, la location, oh oui). Certains diront que c'est si peu cher que peu importe, et les livres bah, on les a lu une fois, c'est bon ! Ça me fait bien marrer. Déjà, peu cher les lecteurs ? Hm, question de point de vue. Perso, un iPad au prix d'un PC portable, je dirais que c'est un peu déséquilibré. Mais admettons. Se pose ensuite le problème des livres illisibles en cas de changement de lecteur : une lectrice comme moi ne pourrait se résoudre à abandonner ses livres, déjà, parce que c'est sentimental. Vous me direz, c'est aussi pour ça que j'ai aucune envie de passer au numérique, avec l'indisponibilité de mes livres "bizarres" en numérique… Ensuite, bon, quand on en a 4-5, admettons que le changement se fasse sans trop de douleur. Mais quand on lit beaucoup ? La facture risque d'être salée, et très vite. Je ne vais pas lancer de fleurs à la Fnac pour autant, ni les ériger au rang de saints, mais je pense qu'il faut encourager ce genre d'initiatives. J'ai lu, en riant, un argument sublime concernant le fait que, quand on est esclave d'un service, au moins, il y a la synchronisation automatique entre tous nos lecteurs divers et variés. Super, et ? Au maximum, on a quoi ? Un ordi, voire deux, soyons fou, un smartphone, et, donc, un lecteur en plus. Au maximum 4 objets. C'est si compliqué de copier un pauvre fichier sur le lecteur qu'on a envie d'utiliser ? D'ailleurs, il est nécessaire d'avoir son livre sur tous ces objets à la fois ? Je doute. Non, vraiment, je n'y vois qu'un argument ridiculement de mauvaise foi… Ce service dont on peut potentiellement avoir besoin mérite-t-il de s'attacher un tel boulet ? Selon ma conception des choses, non. J'irais même jusqu'à dire que rien ne le justifie, d'ailleurs, mais bon.
Je ne suis pas une fervente défenderesse du logiciel libre, je n'ai pas de linux, j'utilise certains logiciels payants et des formats propriétaires (et j'ai un mac, donc). Pourtant, je trouve cette idéologie vraiment valable et je n'hésite pas à la défendre. Je sais aussi qu'un monde de logiciels libres est une utopie. Je dis ça pour une certaine remarque sur l"idéal kikoolol"… Un monde de libre est un idéal niais, si vous voulez. Mais pour le sujet qui nous occupe et où l'on pose les systèmes fermés comme seul "marché réaliste" etc, ça me fait marrer. Il me semble que la réalité ou non d'un marché est décidée par les consommateurs. C'est pas kikoolol, ça. Si les consommateurs n'adhèrent pas et ne paient pas, on se la carre où je pense sa belle réalité et sa super stratégie efficace. Alors oui, actuellement on est bien dans ce mouvement, justement parce que ça fait chier de pouvoir choisir, c'est plus facile de se laisser porter par le service qui fait tout à sa place, même vider le compte super facilement. Amusant. Et puis on ne pense pas à mal, c'est pas très important de choisir une marque ou une autre, finalement ! Un bon petit coup de pub, de bons placements produits, et des petits "croisés" dans notre entourage et voilà, les deux pieds dans le système.
Mais, outre le fait qu'on ne soit donc que "locataires" des produits honnêtement achetés (et ouais, si la boîte fermait demain, vous l'auriez dans l'os, moi aussi du reste avec un Mac, et vous en faite pas ce que vous voulez), un système fermé peut aussi poser un problème qu'on pensait en voie de disparition : les exclusivités. Les habitués des consoles ont l'habitude de ça, et on s'en sortait de mieux en mieux avec des jeux qui sortent sur plusieurs consoles maintenant (hors cas particuliers, mais bon…). Je ne dis pas que c'est résolu, il y aura toujours ce problème et les gens qui veulent profiter de "tous les jeux" doivent acheter toutes les machines qui sortent. C'est pénible, un gouffre à fric pour les "consoleux". Mais je dirais que ce ne sont "que" des jeux. Je surestime peut-être les livres, mais pour moi ils entrent dans la catégorie "culture"… Et tout le monde devrait y avoir accès. Avec la multiplication des services concurrents, le risque est de voir certains livres sortir sur l'un d'eux en "exclusivité"… Un retour en arrière que personne ne veut voir arriver. Un cloisonnement de la culture en fonction du service choisi, et des limitations décidées en haut-lieu (qui a pensé au "no porn" d'Apple ? Et si j'en veux, qui a le droit de me dicter ma conduite ?). Comme si on était pas déjà assez orientés par ailleurs… Le libre-arbitre, c'est très surfait, pour tout le monde, moi incluse. On a beau mettre la meilleure volonté du monde à faire des choix objectifs, on ne peut jamais être certain que c'est le cas. Alors pourquoi risquer d'être encore plus influencés ?
Bref, pour finir je dirais que je suis pas à la mode (en même temps, j'ai pas de pression sociale alors ça me dérange pas) et que je n'aurais pas de livres numériques avant longtemps, sauf si on m'y oblige. Je peux donc me péter le luxe d'être à peu près objective, et ça c'est super. Je peux aussi voir d'autant mieux les "croisés" des marques hurler à la supériorité de leur choix "100% personnel". J'ai jamais aimé les croisades, c'est con. Alors, du coup, merci la Fnac de proposer une alternative au modèle économique "en place" que je peux lire sur mon ordi (oui, ça aussi c'est surfait, mais que voulez-vous) et prêter à mes potes. Enfin bon… Tant que ça sera aussi cher, faut pas rêver non plus, j'aime mieux avoir la version physique.

On en parle beaucoup en ce moment, c'est le sujet polémique sur lequel il faut se prononcer. Il y a aussi les vérités générales de type "internet c'est que des méchants qui propagent de fausses rumeurs et pis de toute façon y a pas de vrais journalistes d'ailleurs je me sens tout blessé dans mon âme de voir qu'on est si injustement méchant avec moi qui suis qu'une victime et qui ment sans le faire exprès d'abord" et je pourrais continuer comme ça pendant longtemps sans que vous puissiez reprendre votre respiration, mais j'arrête. Et, désolée, y a beaucoup de mots et pas beaucoup d'images, alors courage.
Donc, disais-je, l'anonymat sur Internet… Je vais commencer mon article en précisant que déjà, ça n'existe pas dans l'absolu. Il y a les IP pour ça. Je vais d'ailleurs illustrer grâce à la blagounette de Blizzard et, surtout, les crétins qui commentent sans rien comprendre. Je cite de mémoire : "Cool, avec les vrais noms sur les fofo Blizzard, ils pourront directement bannir les comptes des trolls !". Si ils voulaient, il le feraient. C'est pas parce que le péon lambda ne voit pas les informations des comptes que Blizzard ne les connait pas HEIN. Donc avant de parler, on essaie de savoir de quoi il retourne. Mais bon, je suis pas naïve et je sais d'expérience que c'est ceux qu'on entend le plus sont ceux qui ne comprennent rien… Dans les faits, le seul effet que ça aurait sur lesdits forums c'est de faire taire les gens qui ne sont pas d'accord avec l'opinion générale, mais on y reviendra. De façon plus générale, si on était vraiment anonyme sur Internet ils n'auraient pas eu l'idée "merveilleuse" d'Hadopi. C'est juste un joli mythe, notre seul anonymat consiste à pouvoir se faire discret auprès des autres utilisateurs de base.
Mon argument favoris en faveur de la fin de l"anonymat" est le fumeux "je suis pas un criminel, j'ai rien à cacher, d'ailleurs mon nom est Marcel Morin et j'habite à Montcuq-en-Brie"… Il faut dire que Facebook a rendu la notion de "vie privée sur Internet" un peu floue, dans la mesure où l'intérêt est d'utiliser son vrai nom. Pourtant, Dieu sait que je conchie Facebook, mais il a y une différence de taille entre ça et les fofos blizzard ou votre blog : normalement, seuls les gens autorisés accèdent aux infos que vous voulez conserver secrètes. J'ai pas envie de leur jeter des fleurs pour autant vu le niveau de sécurité, mais rien que ce principe de base fait une différence énorme ! La conséquence c'est que, du coup, ça a désensibilisé les gens au problème, surtout les plus jeunes, et on dispense de plus en plus facilement des informations qui peuvent poser problème. Pas sur Internet, enfin pas seulement, mais dans votre "vraie vie IRL" !
Je dramatise ? Non. Je pense que les gens sous-estiment les autres utilisateurs surtout. Il suffit de voir de quoi sont capables les petits Anons de 4chan avec une simple photo pour savoir que donner son nom, rien que ça, en entier, ça craint "sa race". Et, pour le coup, c'est pas de la légende urbaine… Exemple récent dans le ton : une demoiselle demande une pizza en l'échange d'une photo de ses seins. Elle obtient la pizza et se moque des /b/tards. Résultat ? Toutes ses infos persos diffusées, un super zip avec tout ça, l'envoie d'une photo où, pour le coup, elle est à moitié à poil à son gentil papa (en passant : elle a pas de seins, il n'y avait rien à voir) et même un coup de fil à sa mère (très marrant ça). Outre le fait d'être une pétasse, elle a surtout largement sous-estimé les "Anons" (ouais, du coup c'est mérité, AHAH UHUH. Bref). Vous me direz "ouaiis mais c'est un cas rare, et puis suffit de pas chercher la merde". Je ris. Déjà parce que "rare" c'est relatif, et aussi parce que si dans la vie on est toujours le con de quelqu'un, c'est pareil sur Internet. En laissant simplement son nom traîner partout associé à divers contenus, on peut être facilement stalké, déjà, et surtout il y une chose très pratique dans pas mal de pays qui s'appelle un "Annuaire". Notez bien, vous pourriez regretter d'avoir oublié son existence sous prétexte que c'est "dépassé". Avec ça et un nom on trouve le numéro de téléphone et même l'adresse. Compter sur les homonyme ? Sympa pour les autres. En très gros, donc, le moindre con que vous vexez pourrait vous retrouver et, sans aller au meurtre (cf l'accident des joueurs de CS qui a beaucoup fait parler de lui) c'est facile de pourrir la vie de quelqu'un.
"Oui mais je suis gentil moi !" Ok. Les ados à skyblogs peuvent facilement attirer la haine, même si ils sont plus crétins que méchants, donc c'est pas un argument déjà. Mais bon, on va les laisser de côté pour parler d'un autre problème bien plus gênant. Je lis pas mal de blogs, notamment des blogs orientés politiquement (oui, gauchiste, je sais), ou bien des blogs qui parlent de sexualité. Et je ne parle pas que des "gentils sexblogs", mais de gens très sérieux et responsables qui ont des habitudes un peu "hors normes". Dans les deux cas, la fin de l'anonymat en conduirait quelques uns à arrêter. Est-ce le but, d'ailleurs ? Peut-être.
Dans le cas des blogs politiques on touche au droit à chacun de garder ses opinions privées vis-à-vis, par exemple, de la famille ou des collègues de travail. "Si ça les dérange, ils ont qu'à arrêter !". C'est THE argument contre tout, ça. Sauf que non, tout le monde a le droit d'exprimer son opinion sur n'importe quel sujet (tant que ça reste légal, hein). Même si, par exemple, les blogs d'extrémistes religieux me donnent des envies de meurtre, je ne nie pas pour autant leur droit à s'exprimer… Si ça ne me plaît pas, il ne tient qu'à moi de fermer la page et de passer à autre chose. Mais le problème avec les blogs est un peu plus complexe. Actuellement, nous sommes dans une ambiance "chasse aux sorcières" (aka : ceux qui sortent du rang) et tous les moyens sont bons pour imposer une seule ligne politique, quitte à décrédibiliser les gens qui pensent autrement, ou simplement qui sont objectifs (cf affaire Mediapart en ce moment). On accuse les dissidents d'être des "enfoirés de communistes", en gros. Non en fait, même pas "en gros". ON LE FAIT. Certes, Mediapart n'est pas un blog, mais un journal en ligne dont le contenu et les enquêtes sont le fait de -journalistes-. Mais en les mettant dans le même lot que les "blogueurs lambda", on arrive à faire passer un super message ("IL SONT PAS CREDIBLES REGARDEZ INTERNET ÇAY DLA MERDE"). Quoi qu'il en soit, dans une société où on a fait de "gauchiste" une grave insulte, les blogueurs de cette affinité auraient sans doutes des problèmes (au moins dans le milieu professionnel, avec les gentils collègues) si ils devaient écrire sous leur vrai nom. Et quoi de mieux pour faire taire les voix discordantes que les pousser à abandonner sous la pression de la société ? On oriente plus facilement les opinions de la population quand il n'y a personne pour contredire le gouvernement. Je dramatise ? On va voir.
Quant aux gens qui parlent de leur vie au moins privée, sinon sexuelle, je pense qu'il n'y a pas grand chose à préciser, ça me semble évident. Personne n'a envie que sa famille ou son entreprise sache ce qu'il se passe dans son intimité (son lit, quoi). Et je ne parle pas de blogueurs type "olol le sex c tro koul", je parle de gens cultivés qui ont des choses intéressantes à faire partager… Ça m'ennuierait de perdre certaines lectures sous prétexte qu'il faut "supprimer l'anonymat". En même temps, là aussi on peut y voir un moyen de gommer les "marginaux" et leurs pratiques "pas très très catholiques dites donc !".
Dans l'absolu, sauf loi explicite tout ça, il y a des moyens de rester plus ou moins anonyme, ou du moins de ne pas se faire déranger : en passant par la liste rouge, par exemple. Le problème étant que les gens ayant les moyens de payer ce service auront donc un avantage supplémentaire sur les "pauvres". Vous me direz : comme d'hab ! Sauf que ça ne résout pas le problème des relations familiales ou professionnelles. On peut aussi éviter les services qui demandent ces infos (ça va être de moins en moins facile mais c'est ce que je fais), et ne pas avoir de blog. Mais bon, du coup il faut se priver, ce qui est injuste. De plus, les gens qui saisissent l'importance des informations personnelles sont généralement plus instruits (Ok, MOINS CONS) que les autres, ça ferait une jolie baisse de qualité niveau contenu… Reste tous les moyens "logiciels" pour être parfaitement anonyme, mais le public capable de l'utiliser est assez restreint pour le moment (par rapport à la totalité des utilisateurs d'Internet). D'ailleurs, oui ça contredit un peu ce que je disais au début, mais vu la "rareté" de la chose, pas tant que ça (même si je prédis une forte augmentation de la pratique…). Mais, surtout, ça envoie au placard les épouvantails de type "les pédophiiiles aaaa". Quand on veut vraiment on peut, alors faire chier tout le monde pour des cas isolés qui, de toute façon, ont des moyens de s'en foutre… m'voyez. Donc l'absence d'anonymat ne garantirait rien niveau criminalité, pour ça et d'autres raisons. Faut pas rêver.
Diffuser son nom sur le net n'est jamais anodin, de toute façon, et ça on a tendance à l'oublier. Les exemples que je cite ne sont que ça, il y a tellement d'autres raisons qui font qu'on peut avoir envie de tenir à sa vie privée (oui, c'est de ça dont on parle, hein). Comme ce prof, joueur de WoW, qui entrevoie des problèmes avec ses élèves si ils découvraient ce loisir. On oublie pas non plus les emplois refusés après recherche sur les noms des postulants à un poste… Ce ne sont pas des suppositions, mais la réalité. C'est stupide, ridicule, ça fait partie des faits divers "lolesques", mais pourtant c'est comme ça que ça marche, de plus en plus. Et, putain, faut vraiment arrêter d'être "égo-centré", ça devient n'importe quoi. Dès qu'une personne ne se sent pas concernée, elle a tendance à occulter les éventuels problèmes des autres à coup de "je vois pas ce qui vous dérange, moi ça me gêne pas !". Soyons clairs : je ne suis pas franchement concernée par certains des problèmes que j'évoque. Ma famille est cool et j'ai pas grand chose à cacher, et j'ai pas de job ("HAN LA CHÔMEUSE GAUCHISTE DE MERDE" sauf que je suis pas chômeuse non plus ! Yeaah !), donc rien à craindre au niveau de mon entourage proche. Pourtant, il y a des choses que je n'ai pas envie de partager avec des gens qui feraient une recherche sur mon nom. Même les visiteurs de mon site n'ont pas accès à certaines choses que j'ai sciemment séparées de celui-ci. Franchement, si il me fallait utiliser mon nom complet partout, je retournerais à la méthode du papier/stylo. Mais bref, tout ça pour dire que même si je ne suis pas la cible la plus "à risque", je sais ce qui fait qu'utiliser son vrai nom est mal. Tout le monde est capable de fournir cet effort, je pense.
De manière générale, cette habitude peut devenir nocive dans la vie quotidienne de certaines personnes, et ça me semble une raison suffisante pour faire au mieux pour endiguer le phénomène. Les seules personnes qui y tiennent ont un intérêt dans l'affaire, et pas forcément moralement acceptable… Ce qui rend l'argument "je ne suis pas un criminel, je m'en fous" encore plus drôle. Et puis il faut arrêter de penser qu'Internet c'est l'ouest distant (le far west), aussi… C'est juste devenu plus ou moins l'unique espace de liberté d'une bonne partie de la population, et ça, ça dérange. Oui, je suis obsédée par la privation de liberté, on me le dit souvent. C'est pas de ma faute, j'y tiens, et ce bien plus qu'à ma vie d'ailleurs. Ça ferait pas de moi une bonne franç… Collabo. Vis-à-vis des propos parfois violents, vexants ou extrêmes j'adopte une politique simple, en général : don't feed the troll. Parfois, je râle aussi, comme ici, mais bon. Jamais je n'aurais envie de découvrir l'identité de la personne derrière, parce que j'en aurais tout à fait rien à foutre d'une part, mais aussi parce que ça impliquerait des problèmes bien plus importants que mon inconfort passager d'un point de vue social. Et puis merde… C'est la dernière liberté qui nous reste…
D'ailleurs, toujours dans cette optique, je vais encore citer un de mes auteurs fétiches, Alan Moore, dans une oeuvre que nombre de gens bien ont lu, à savoir "V pour vendetta" (et sa traduction française, pour les feignants :p) Pour situer, V s'adresse aux citoyens comme à des employés d'une grande entreprise (l'humanité est une entreprise), d'où certains termes orientés "professionnel". Encore une fois, c'est un comic à lire, bien sûr, le simple texte ne suffit pas.
"Oh, bien sûr, la direction est très mauvaise. N'hésitons pas à le dire : la direction est nulle ! Nous avons eu une bande d'escrocs, d'imposteurs, de menteurs et de déments qui ont pris une suite de décisions catastrophiques. C'est un fait !
Mais qui les a élus ? C'est vous ! Vous leur avez donné ces responsabilités, et le pouvoir de prendre ces décisions à votre place. Même si j'admets qu'on puisse parfois se fourvoyer, je ne puis croire que la répétition des mêmes erreurs mortelles ne soit en quelque sorte délibérée.
Vous avez encouragé ces incapables malveillants, qui ont fait de votre vie professionnelle un gâchis total. Vous avez accepté ces ordres stupides sans réagir. Vous les avez laissés envahir votre espace de travail avec des machines incertaines. Vous auriez pu les arrêter. Il vous suffisait de dire "non". Vous n'avez aucune volonté. Vous n'avez aucune fierté. Vous n'êtes plus un atout pour notre société."
On pourra me reprocher de mélanger des faits sans importance (l'annonce de Blizzard) à d'autres d'une dimension supérieure (…) (comme l'anonymat des blogs), et j'avoue, c'est vrai. Sauf que c'est à cause de ces faits à priori sans liens que, doucement, on voit la pente s'incliner vers quelque chose de très déplaisant. Il ne faut pas attendre d'être arrivé en bas pour se bouger le cul.
Pour finir sur un article amusant, voici un exemple de ce que des gens capables peuvent récupérer de votre vie, et même si c'est pas "grave" et n'est qu'un reflet déformé de la "vie IRL", c'est tout de même possible. Après, vous faites ce que vous voulez, mais, personnellement, je préfère faire gaffe à ce que je diffuse malgré tout, parce que c'est facilement évitable d'en arriver là :
http://www.le-tigre.net/Marc-L.html
EDIT : Sauss ayant trouvé cet article trop vide, il a eu la bonté de faire marcher ses skills photoshop pour m'envoyer une illustration lolesque. Merci :o
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