
Non, restez, c'est juste que la promo est merdique !
Si il y a bien une qualité que l'on peut reconnaitre aux dramas japonais (et seulement eux, en général) c'est que leur but est souvent de faire réfléchir les gens et de les ouvrir à différentes idées. C'est pas du "plus belle la vie", d'ailleurs c'est plutôt l'inverse bien souvent. Ça peut être raté, parfois niais, ou aller contre nos principes, c'est tout de même appréciable. N'oublions pas que les mentalités sont, comme partout hélas, longues à évoluer. Mais en regardant certaines séries, on constate une vraie volonté d'ouvrir les esprits. Le fleuron de ce type de dramas semble être, à mon avis, Last Friends.
Malgré son titre random typé "eau de rose" (qui n'a RIEN à voir avec la série, mais vraiment rien), Last Friends est une série que je recommande à l'univers entier pour une raison simple : c'est d'une tolérance et d'une simplicité absolument bouleversante. Non, pas comme un film d'auteur critiqué par Télérama. Je vous jure que cette fois, c'est vrai. Et même si vous pensez que les dramas c'est "un truc de gonzesses", celui là mérite d'être une exception à la règle.
Bon ok, c'est bien ces éloges, mais c'est quoi l'histoire ?
Michiru est une jeune femme dont la vie n'a pas été un conte de fées. Son père battait sa mère, et celle-ci est partie un jour avec la petite Michiru "sous le bras". Depuis elles vivent ensemble dans un petit appartement. Mais Michiru ne supporte pas les visites de l'amant de sa mère et souhaite démarrer sa propre vie, loin d'une mère assez manipulatrice et excentrique.
Heureusement pour elle, son petit ami Sôsuke a déjà tout pour lui : un bon job, un appart, et pour ne rien gâcher il est mignon et très attentionné. Michiru décide naïvement d'aller vivre avec lui... Ce qu'elle découvre alors est loin du bonheur imaginé : Sôsuke est possessif à l'excès, d'une jalousie étouffante, et tombe finalement dans la violence (psychologique puis physique) lorsqu'il découvre que Ruka, amie de toujours de Michiru, prend de plus en plus d'importance dans la vie de celle-ci.
Ruka qui est, et c'est évident dès le début de la série, amoureuse de Michiru. Cette jolie jeune femme a toujours eu du mal à être une fille "normale", et travaille d'ailleurs en temps que pilote de motocross. D'une apparence naturelle et enjouée, elle a pourtant toujours lutté pour que les gens ignorent que ce qu'elle souhaite, au delà de tout, c'est d'être un homme. Souffrant d'être une femme dans une société très "machiste", la pression sur ses épaules va s'accentuer tout au long de la série... Heureusement pour elle, elle vit en collocation avec deux personnes adorables et compréhensives : la jolies et excentrique Eri, et le sensible Takeru.
Takeru qui souffre d'une image de gay pour plusieurs raisons : son métier de maquilleur, son célibat, et son apparence assez efféminée. La réalité est plus complexe... Traumatisé par une femme dans son enfance, il semble incapable d'entamer une relation avec l'une d'elles, et l'idée même du rapport sexuel lui est insupportable. Paradoxalement, c'est grâce à sa personnalité tourmentée qu'il tombera amoureux de Ruka, faisant abstraction du corps et se focalisant sur ce qu'elle est réellement. On pourra objecter qu'il tombe amoureux d'une femme et d'un homme à la fois. Je crois qu'en fait le sexe de la personne ne lui importe pas, et qu'il aime simplement un être humain.
Eri quand à elle ne semble pas avoir de problème particulier. Cette hôtesse de l'air belle, drôle et sincèrement gentille semble avoir tout pour elle. On comprend pourtant vite que malgré sa réussite et son entourage, elle se sent fondamentalement seule. Cachant sa solitude derrière un masque d'humour et de détachement feint, elle fait de son mieux pour s'occuper des autres. C'est cette générosité qui la pousse à faire accepter Tomohiko au sein de la colloc.
Tomohiko est un pauvre type. Pilote d'avion, on pourrait penser que sa réussite professionnelle lui donne de l'aplomb dans la vie de tous les jours. Hélas pour lui, il n'en est rien : c'est un faible notoire, qui finit par fuir sa propre maison, investie par l'amant de sa femme. Ne sachant pas parler à cette dernière, il préfère s'échapper et vivre dans la collocation, laissant derrière lui sa maison, ses cartes de crédit, et évidemment sa femme dont il est encore amoureux. Eri, apitoyée, tente de l'aider à reprendre les rênes de sa vie, ce qui n'est pas sans conséquences pour ses propres sentiments.
Vu d'ici, ça ressemble à un joyeux bordel et des histoires larmoyantes. Sauf que, bizarrement, il n'en est rien. Malgré cette souffrance humaine, jamais la série ne tombe dans le pathos. Chaque personnage essaie au contraire de s'élever au dessus de sa situation et de vivre heureux. De plus, et c'est la vraie force de cette série, tous ces sentiments compliqués sont exposés de la façon la plus pudique et la plus neutre possible. Même les personnages ne méritant à priori pas notre indulgence (Sôsuke...) sont montrés sous différents angles, de manière à ne pas les réduire à de simples "méchants".
J'aimerais d'ailleurs revenir sur Sôsuke qui est vraiment un personnage remarquable. Il n'est pas simplement le "tabasseur de femmes sans cervelle" dépeint par la société occidentale, mais un être profondément malheureux et malsain. Le développement est certes un peu rapide, mais on a le temps de voir grandir son besoin de contrôle, de plus en plus envahissant jusqu'à devenir absolu, causé par un besoin d'amour dévorant. D'autre part, la violence envers Michiru n'est pas son seul recours, je dirais même qu'il est le plus primaire et le moins efficace. Il lui arrive également d'avoir recours au chantage émotionnel en faisant culpabiliser Michiru de multiples façons pour l'obliger à agir selon son bon vouloir, que ce soit par le biais de l'auto-mutilation ou des menaces de suicide. Ce personnage est une réussite d'un point de vue psychologique.
Ruka est également plutôt aboutie et, franchement, très subtilement jouée. Craquante, douce, prévenante, il est difficile de ne pas en tomber amoureux... On pourra lui reprocher d'avoir un rôle de "prince charmant" idéal, mais plus on avance dans la série plus ses réactions deviennent complexes.
Je pourrais en parler pendant des heures et ne dire que du bien de ce drama. C'est pénible, j'aime avoir des reproches à faire quand je critique, histoire d'avoir l'air objective ! Sauf que là, c'est impossible. Outre une ouverture d'esprit rare pour une série, on est vraiment à l'opposé des séries ridiculement voyeuristes qu'on peut trouver en France, et en occident de manière générale. L'accent n'est jamais mis sur le sexe, d'ailleurs les termes "lesbienne", "trans" ou "gay" sont finalement assez peu employés, comme pour dire "on parle d'humain, sans étiquettes". Et ça, vraiment, c'est beau et ça fait plaisir, parce que les étiquettes c'est de la merde. Mais ce qu'il y a de plus beau c'est tout simplement la fin... Je vais éviter de spoiler mais face à cette famille totalement étrange, sans construction évidente et facile à appréhender, on se met à rêver de tolérance (et de licorne, et de bisounours qui font caca des arcs-en-ciel, et je vous zut). Pas de possession, pas d'obligations, juste de l'amour partagé. Vraiment, vraiment, mais VRAIMENT, c'est beau. Finalement, ces quelques épisodes font voler en éclat l'adage "il est facile de détester, mais plus difficile d'aimer" en mettant en évidence que l'amour est la chose la plus simple du monde...
Désolée, je vous ai une fois encore abreuvé de niaiserie mais ce drama est un bijou et il mériterait d'être vraiment plus connu. Terminons sur la traditionnelle galerie du casting :
La gentille (et un peu cruche...) Aida Michiru (Nagasawa Masami)

La charmante Kishimoto Ruka (Ueno Juri)

J'avais oublié LE défaut de la série : la coupe de cheveux de Mizushima Takeru (Eita). Il y a aussi le générique à la con, d'ailleurs. Voilà, on a fait le tour.

Le fort "sympathique" Oikawa Sôsuke (Nishikido Ryo)

Takigawa Eri (incarnée par une actrice que j'aime beaucoup : Mizukawa Asami)

| Partager cet article : |
Aucun commentaire pour le moment





















