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J'avais promis de pas râler trop vite, je l'avais juré, gravé dans ma chair… Bon, pas tant que ça mais presque.
Enfin là, LÀ, merde quoi. La vanne vue/revue/rerevue un milliard de fois sur la sexualité geek. Celle du type "le geek, les seules filles qu'il touche c'est des filles en…." avec, au choix selon les époques, les possibilités suivantes : .mpeg, .jpg, .avi, .gif, .png…
D'une gentille vanounette potache on en a fait une vérité générale, visiblement. Ou alors il y a encore des gens qui la découvrent (et que ça fait rire, du coup...). Alors qu'en plus d'être sexiste (geek = homme), c'est juste lourd.
J'expliquais ce qu'"est" un geek dans cet article ("Dis, papa, c'est quoi un geek ?"), mais il est possible que je me répète. Je vais faire attention.
En tout cas, on voit bien que geek c'est très abstrait, et qu'en gros toute personne très passionnée est potentiellement geek (Et pas forcément d'info, hein, j'ai lu de ces choses ma bonne dame…). Ce que ça veut surtout dire, c'est que "la sexualité geek", c'est un peu vaste… Et maintenant que la mode est finalement passée, on en revient aux clichés et aux vannes.
(Petite parenthèse : oui, la mode est passée, les geeks sont de nouveaux des gros ringards asociaux. Dans un sens, j'en suis ravie, j'aurais plus à être comparée à des jeunes de "droite décomplexée" et sur-consommateurs. Fin.)
Faire de la sexualité geek un cas particulier de la sexualité humaine, ça me fait un peu bizarre. Complexe de supériorité, peut-être ? Comme si le geek était une bête de foire ? Hmhm. Finalement, qu'est-ce qu'une personne "normale, moderne et active" peut reprocher à un geek ? Il y a tellement de clichés foireux que la réalité est difficile à déterminer.
Le plus récurrent porte sur la non-sociabilité, et l'absence de "vraie vie" (putain, que quelqu'un m'explique une bonne fois pour toute ce qu'est la Vraie Vie Véritablement Valable, parce que j'en ai assez ras le bol de ce genre de remarques, bande de Croisés du dimanche). Pour rester dans le thème de base, ça jouerait sur les chances de s'envoyer en l'air. Il faut dire que si c'était vrai, j'admets que ça serait handicapant. Heureusement, c'est n'importe quoi, et les geeks ont des relations humaines, comme tout le monde. Il ne faut pas confondre un passionné et un autiste, ça serait un progrès énorme !
On entend aussi beaucoup (cf la raison de l'article) que le porn sur le net, c'est le seul truc sexuel que peut se permettre un geek. Ahah. Voire même, et là c'est grandiose, que c'est grâce aux geeks que le porn sur Internet existe. Je peux me rouler par terre en riant très fort ? Dès que l'humanité a su dessiner sur des murs, elle a inventé le porn. Donc le geek a bon dos, merci. Pour le reste, je vais juste dire que mes meilleurs amants ont tous été des geeks. Coïncidence ? En même temps, je ne fréquente plus que ça depuis un moment, les personnes partageant des centres d'intérêts communs avec moi étant les seuls avec qui j'ai envie de parler (et autre, du coup).
Pourquoi les geeks seraient de bons amants ? Un schéma que j'ai constaté est le suivant : il y a souvent pas mal de timidité chez les geeks, pour de multiples raisons (notamment un manque de confiance induit par les nombreux clichés qu'on entend…). Du coup quand ce genre de mec prend la peine de faire avancer une relation au point d'en arriver au sexe, c'est parce qu'il est vraiment soucieux de la personne. Pour ceux qui sont adeptes des coups d'un soir (vous pensez VRAIMENT qu'il est possible pour plusieurs personnes d'avoir la même sexualité ?), ils ont tendance à être plus à l'écoute et moins égoïstes… Encore une fois, c'est ce que j'ai constaté, pas une vérité générale. Mais ce qui est clair c'est que je n'ai jamais été jugée sur mon physique mais sur ma personnalité à chaque fois, et franchement je ris quand je vois ce que d'autres personnes appellent les relations humaines…
En revanche, pour l'imagination au lit et les scénarios type JDR, je dois pas avoir trouvé les bons, désolée :/ Par contre c'était toujours des mecs au moins aussi "open" que moi, niveaux expérimentations, donc j'ai pas non plus à me plaindre. Et souvent aussi très faciles à faire "démarrer"…
Ce qui nous conduit à un autre cliché très amusant : quand le geek est absorbé par sa passion, on peut faire n'importe quoi, il nous remarque pas ! Mais bien sûr. Sachant que ce genre de reproche est souvent servit par des dames "délaissées"… J'ai jamais vu le cas, hein. Soit il y a un problème dans le couple, soit vous n'êtes vraiment pas douée, très chère… Passer sous le bureau ça fait des miracles. Et même sans ça, un simple bisou dans le cou suivi de "j'ai envie de toi, là maintenant tout de suite" est rarement ignoré… En tout cas ça marche mieux que des reproches stériles qui finiront sans doutes en engueulade.
J'y pense maintenant, mais les blagues supposément "geek" dans l'action, genre "tu veux voir mon gros câble RJ45 ?", j'ai JAMAIS entendu. Heureusement, parce que c'est boulet… N'importe qui équipé d'un cerveau sait que c'est nul et potentiellement dangereux, surtout avant de passer au lit.
Bref, pour en revenir aux reproches des épouses (dans tout ce que ça a de péjoratif…), j'ai lu des choses vraiment amusantes. Outre le fait qu'elles se sentent délaissées par leur copain (et si le problème était ailleurs ?), j'ai apprécié celles qui osent dire "j'espérais qu'en faisant un bébé il changerait, mais en fait pas du tout et maintenant je lui reproche de pas s'en occuper". Il a eu son mot à dire, le gars ? Et si oui, je suis désolée mais on fait pas un bébé pour résoudre un problème de couple. On ne se marie pas pour ça non plus, d'ailleurs. Si ça suffit pas, faut faire un autre bébé "en espérant que" ? Et puis d'ailleurs, si il est si horrible et impossible à distraire, comment on trouve le temps de concevoir un chiard, voire même comment on peut en avoir envie ? Ahlala, je ris.
D'autre part, reprocher à son mec de ne pas regarder "Plus Belle la Vie", accompagner en boîte, faire du shopping… C'est bien gentil, mais à quel moment on essaye de s'intéresser à ce qu'il fait -lui- ? Il y a beaucoup de mesdames très égo-centrées. Enfin bon, on dérive, mais il est assez mesquin de reprocher à quelqu'un d'avoir des centres d'intérêts quand on en a pas soi-même.
Je pourrais continuer à râler pendant des heures, parce que j'adore ça, mais ça ne sert à rien. Alors je ne dirais pas "les geeks sont des bons coups", ni "ils sont mauvais", parce que, étrangement je sais, ce sont simplement des gens. Par contre j'ai un avis clairement en leur faveur de par mon expérience... Qui sait, c'est peut-être une généralité et je ne le sais même pas ._.'
Pour finir sur une touche plus "2nd degré", terminons avec le témoignage poignant de Mme X. :
"Bonjour, mon mari était accro au jogging. Il ne pouvait pas s'empêcher de courir, il lui fallait sa dose chaque jour.
Quand on s'est rencontré, je trouvais ça mignon et sexy. Tout le monde m'enviait, les sportifs ont tellement la côte actuellement…
Nous sommes devenus intimes, et c'est là que les choses ont commencé à se dégrader. Après les câlins, il arrivait de plus en plus souvent qu'il aille immédiatement faire le tour du quartier. Il a progressivement arrêté de faire des efforts pour moi, et je me suis sentie de plus en plus délaissée.
Bien entendu, j'ai essayé de lui expliquer ce que je ressentais, et pendant un temps il a fait des efforts en passant un peu plus de temps avec moi. Mais j'ai bien vite compris qu'il n'y arriverait pas, surtout quand il a commencé à regarder "Plus Belle la Vie" debout, en sautillant sur place. Un calvaire. J'ai donc sombré peu à peu dans la dépression, je lui reprochais de ne faire aucun effort pour moi, me comprendre, passer du temps avec moi, partager les tâches ménagères, aller voir mes parents un week-end sur deux… Il ne m'écoutait plus.
Pire, plus le temps passait plus il esquivait mes reproches. Il faisait parfois mine de ne pas m'entendre, d'autres fois il sortait courir pour m'éviter. A cause de lui, je ne voyais plus mes amis (lui n'en avait de toute façon aucun, c'est pas les 300 personnes du club d'entrainement au marathon qui comptent, ça n'est pas la vraie vie !). Seule, recluse, incapable de savoir quoi faire seule, je n'ai pas envisagé une seconde de trouver une activité pour évacuer ma frustration… A la place, je lui ai jeté la vaisselle au visage et je suis partie, en le traitant de rustre incapable de me comprendre. Certes il n'a jamais eu l'occasion de défendre son point de vue, et je ne me suis jamais intéressée à ses activités. Mais tout est de sa faute."
Moi, méchante ? Nooon. Juste un peu taquine ! Avantage : vous pouvez remplacer le thème du sport par la philatélie, la collection de jolis cailloux, le tuning de voitures, le lancer de nains… Je précise que ce témoignage est grosso-modo un "vrai" témoignage concernant bien entendu un méchant geek pas attentionné. J'ai trouvé ça marrant… Par contre, j'aimerais ne plus avoir d'occasion de parler des geeks, j'en ai marre, qu'on les laisse tranquille un peu...
(Warning : l'auteur aimerait préciser que cet article contient beaucoup de second degré, et qu'elle ne place pas réellement les gens dans des cases.)
Assumer sa sexualité.
Ça fait les gros titres d'une chiée de magazines féminins, ça. A croire que les hommes assument de facto, tiens. Sauf que c'est pas toujours le cas, mais on fait "comme si".
Enfin bref. Assumer… C'est quoi, finalement ? A part "accepter, endosser" ? J'ai commencé à réfléchir à la question tout doucement, avec la nouvelle vague "biatch de Twitter"… La première chose qui me vient quand j'y pense, c'est "complexes spotted". Alors, si ça c'est être complexé, c'est quand qu'on assume au final ?
Pour la plupart des gens (hommes et femmes), les nanas sont séparées en trois grands groupes (les mecs assument toujours, ou pas, en tout cas ils seront donc exclus de ce remue-méninges 100% féminin). Les groupes, donc :
Frigides/frustrées - filles banales (et donc sans intérêt) - chaudasses/putes/salopes/fille qui assume (oui, en général tout ça c'est la même chose, j'en suis bien triste mais que voulez-vous…)
Alors, quoi ? En gros, les seules qui assument sont celles qui ont la plus grande gueule (sans allusion grivoise) ? Hm. Moi, j'ai grandi avec la philosophie McCain : c'est ceux qui en parlent le moins qui en mangent le plus. Ça se prouve souvent, notez, mais c'est pas non plus "vraiment vrai de vrai". Donc, une partie des "chaudasses" assume sa sexualité ?
Mwai. Quand on parle de ce "genre" de filles, on parle de quoi finalement ? Celles qui ont 50 partenaires par an sans en parler à personne, ou celles qui racontent leurs fantasmes sur le net sans jamais conclure ? Voilà, précisément. Celles qu'on entend le plus.
Ça devient vite compliqué, du coup. Elles assumeraient quoi, les biatchs 2.0 ? Rien en fait, à part leur énorme besoin d'attention. Et les autres, elles assument si elles disent vraiment rien ? Pas vraiment non plus, pour des raisons évidentes de "regard des autres".
"Donc, tu dis que les chaudasses elles assument pas ?" Ben en gros oui. Avoir besoin de surjouer, c'est avoir des gros problèmes psys. Ben alors, les frigides c'est quoi ?
Pareil. D'autres complexes, d'autres problèmes. D'ailleurs, revoyons notre système de catégories avec mon point de vue :
Complexées - moyennement complexées - complexées
(Inutile de venir me dire "mwa j'ai aucun complexe !" hein, c'est pas possible ! Non mais)
Pensons un peu aux pauvres nanas qui ne sont pas portées sur le cul, ou frigide, ou n'importe quoi, dans un monde où on ne parle que de sa merveilleuse vie sexuelle parfaitement synchronisée avec notre partenaire grâce à quoi on atteint le nirvana à 100% de réussite… C'est pas évident à supporter, et d'ailleurs quand il faut en parler, ça doit être pourvoyeur de grosse honte. Wait… Quand il faut en parler ?
Ben oui, ce genre de problèmes finit toujours par éclater au grand jour, au moins quand un mec s'en rend compte (genre au 3ème rendez-vous selon la "NFBD" (norme de la France blanche et de droite). De là, on imagine bien le parcours sexologue, psy… Mais du coup, en en parlant, c'est pas déjà assumer ? Un "dysfonctionnement", certes, mais l'assumer quand même ?
"Quoi quoi quoi, tu dis que les frigides assument leur sexualité ? Tu dis vraiment de la merde" Et pourquoi ? Après tout, qui assume le plus entre la personne qui est capable de tout faire, sans retenue ni la moindre objection, et avec n'importe qui, même si ça lui plaît pas vraiment (ou pour obtenir quelque chose), et celle qui annonce la couleur par un "j'y arrive pas" ? Franchement, j'opte pour la deuxième option.
Je lisais il y a quelques temps un article sur le fait qu'à cause d'une société culpabilisante, les femmes ayant eu de très nombreux partenaires finissent toujours par le regretter. Je suis pas d'accord, genre du tout. La notion la plus importante résidant justement dans "très nombreux". Or, malgré ce que nous annoncent les mags à la GQ, les hommes ne sont pas des machines, ils ont même un cerveau. Ce cerveau a comme conséquence, entre autre, de faire que tous ne réagissent pas toujours de la même façon. Oui, c'est fascinant. Et donc, notre "très nombreux" englobe des gens avec qui ont aimerait vraiment n'avoir rien fait. Et la société n'a rien à voir là-dedans.
"Han, la réac, en gros t'es en train de dire que c'est mal de s'envoyer en l'air librement sans penser au lendemain ?" Tant que c'est protégé, pas du tout. Par contre ce que je dis c'est que le recul peut faire mal.
Etude de cas : moi-même. Il était une fois, une moi-même qui parlait que de cul. Pas dans le sens "discussion", non, mais il était toujours question d'à quel point je m'éclatais, et avec combien de personnes. Sur le coup c'était vrai, et je trouvais toujours du monde pour m'amuser. Puis je me suis un peu posée, j'ai simplement mûri, et j'ai arrêté de vouloir à tout prix attirer l'attention. Résultat de cette évolution : j'ai très largement freiné le rythme de mes mini-liaisons, mais surtout j'ai commencé à prendre le temps de profiter. Là, paf, révélation : putain, j'aurais bien voulu savoir ce que je sais maintenant il y a dix ans. Là où certains y voient le poids de la vilaine méchante société culpabilisatrice, j'y vois simplement de l'expérience : il y a des gens qu'on regrette d'avoir connu, surtout intimement, et on peut même se sentir utilisé selon les causes qui ont provoqué ce comportement de "sur-consommation".
Et surtout, pour en revenir au sujet de départ, c'est après ma période "aimez-moiii" que j'ai commencé à vraiment assumer ma sexualité, en arrêtant de faire n'importe quoi, et d'en être pleinement satisfaite.
Alors ouais, je prends peut-être mon cas pour une généralité, mais une chose est sûre : je suis persuadées que toutes les demoiselles et dames à priori très demandeuses/allumeuses sur Internet (et ailleurs…) sont 1) jeunes et/ou 2) complexées, en tout cas n'assument pas du tout leur sexualité.
"Mais je veux que le monde sache à quel point je suis épanouie, bien dans mon corps, Always !" Il faut consulter. Plus sérieusement, je comprends aussi cette pression, malgré le fait que mes lectures de magazines féminins soient… Limitées. Il m'arrive aussi d'aller chez le médecin, vous savez ! C'est dans ces cas extrêmes que j'ai pu voir à quel point le formatage sexuel était très bien engagé. On titre, on répète, on martèle "soyez épanouies, bordel !" tout en expliquant que la clé de l'orgasme c'est de faire ça/ça/ça/ça/ça, et que rien ne vaut "l'orgasme simultané", d'ailleurs tous les témoins qui ont fait cette fantastique expérience nous en parlent avec beaucoup d'enthousiasme ! L'idéal c'est d'ailleurs un orgasme vaginal, hein, mais bon les clitoridiennes vont bien finir par y arriver, vous inquiétez pas.
A ce stade de complexité et de pression, ça doit faire quelque chose comme "AAAAAAAAAAH OSEKOUR" dans la têtes des lectrices/amibes ! Le pire, c'est que ce genre de réflexions se retrouvent partout. Et c'est pas avec des sites totalement risibles de type "educationsensuelle.com" que ça va s'arranger.
D'ailleurs, parlons-en, vu que le niveau est aussi bas que celui d'un biba (ho ho ho que je suis drôle). On trouve quoi, sur ce site ? Des vidéos de jeunes qui baisent font l'amour sauvagement tendrement en levrette noir et blanc sur une douce musique trash metal jazz. Oui, c'est choupi. La vidéo de démo permet d'ailleurs d'entendre des choses magnifiques de type "tout le monde parle des MST, de la contraception, tout ça quoi, nous on veut remettre la sensualité au coeur des relations". Putain, je peux vomir des bisounours ?
Non parce qu'en s'adressant à des ados en ayant le culot de prétendre leur apprendre à faire l'amour de façon plus saine que le porno, moi je ris. Au moins, un porno, on sait ce qu'il se passe. Là, on voit juste qu'il faut des heures de gentils calinous trop mignons et de caresses sur le corps (et ailleurs, sisi) des femmes ! On y apprend aussi que les hommes sont des chasseurs, notez.
Le but, finalement, c'est de faire quoi ? Créer des ados qui ne savent finalement pas comment on débute ? Des princesses "comme dans Twilight hihihi" qui veulent faire l'amour avec leur Prince Charmant™, en noir (mais pas trop noir, voyons) et blanc, et en musique aussi, et qui pensent qu'il faut attendre un temps prédéfini avant de céder à son ténébreux chasseur ? Urk. Du coup, comment on assume dans ces conditions ?
Je veux dire, quand les filles pensent que tout doit être 100% ultra romantique tout le temps, et que les garçons imaginent qu'il faut toujours un soir ciné, un autre repas, ensuite bisous et enfin calinou hihihi avant de passer au "reste" (toujours selon la NFBD), on laisse pas beaucoup de marge à la spontanéité dites donc. En plus, bonjour les "auto-prises de têtes" à chaque pulsion un peu violente… "Ho, mon dieu, que vas donc pensez Marie-Cécile de mon envie de la prendre séant sur la table de notre salon anglais ?"
Heureusement, ça fait une éternité ou presque qu'on se forme au porno, on s'en sort globalement bien. Montrer des témoignages bidons à tendance "ça m'a dégouté, alors que les gentils câlins ça me donne envie de le faire !" c'est assez marrant, parce que peu crédible (les filles aiment le sexe autant que les garçons, c'est formidable de les forcer à penser le contraire). C'est pas un site de pseudo-éducation (qui n'éduque rien, hein) -payant- qui va changer ça. Ouf, mes amis, dormons sur nos deux oreilles (C'est possible ? o_o" ). Les dvd piqués discrètement à papa et les vieux Manara de tonton ont encore de beaux jours devant eux.
Enfin bref, j'ai suffisamment digressé, mais en gros voilà où me conduit ma petite réflexion :
- Assumer, c'est tout d'abord se sentir bien avec ce qu'on fait de notre cul sans avoir forcément besoin d'en rajouter
- C'est aussi accepter d'avoir des problèmes
- Refuser la dictature de la "bonne façon de faire des enfants" et la NFBD, et se laisser aller à l'expérimentation
- J'y pense maintenant, mais on assume aussi quand on refuse de faire des choses que "pourtant tout le monde le fait ! T'es so 2009 ma grosse" (genre, ouais, la sodomie, ou le SM, ou même les fellations, on peut pas être bien quand on se force).
Ou alors, finalement, on peut résumer simplement : assumer c'est quand on en a vraiment plus rien à foutre de ce que pensent les autres. Je prends aussi.
PS : pour celles-zet-ceux qui veulent un avis merveilleusement juste et incisif sur le fameux site "educationsensuelle", il y par ici un article que j'ai beaucoup apprécié : http://www.zonezerogene.com/2010/07/15/merci-a-educationsensuelle-com-ladolescente-na-pas-de-clitoris-elle-a-un-ailleurs/ (Les commentaires sont très intéressants aussi !)
Les modes, ça m'a toujours boulé. Celle du moment avec les "blogs sexo" est d'ailleurs particulièrement irritante. Le principe, en général, c'est qu'une personne de type "girl next door" (le plus souvent, vu que c'est -forcément- pour attirer les mâles du web, hein) rapporte des news diverses liées au sexe et commente. Jusque là, ok, tout le monde a le droit de parler de sexe, moi aussi je le fais… Mais bon… Le problème c'est que le niveau est souvent assez bas et qu'on voit vraiment de tout et n'importe quoi. Entre les articles types "magazine féminin" ou l'inverse "on fait ça dans l'humour, mais on est surtout lourd"… Argh. Les "vieux" sexblogueurs doivent avoir de quoi râler. Du coup, des fois je râle moi aussi, je me dis que c'est pas possible d'être aussi crétin et d'avoir pignon sur rue sur des sites comme les zinrocks, fluctuat, ou autre…
Une des "blagues" récurrentes actuellement est de dire à quel point les femmes ne sont que des vilaines manipulatrices qui utilisent les pauvres hommes. Ok, c'est marrant 5 minutes, tout le monde le fait, certes. Mais à un moment, c'est juste lourd (et tout le monde n'est pas Maïa, dont j'apprécie assez l'humour). L'article a beaucoup tourné aujourd'hui sur Twitter, avec un titre léger : "La manipulation par l'orgasme". Il y est question d'une étude qui explique quelque chose que personne ne savait (rofl) : les cris féminins ne sont pas liés au plaisir. Alors, c'est une manipulation féminine pour provoquer une réaction chez le partenaire ! Bouh ! D'ailleurs, même les femelles singes le font, les femelles sont donc toutes des salopes, CQFD.
Je précise : j'ai saisi que l'article se voulait 2nd degré (bien plus que l'original...). Mais bon… Quand on veut faire de l'humour, faut être drôle. Alors je vais quand même répondre un peu à ce truc : ouais, tous les gens qui savent un peu comment fonctionne une fille le savaient déjà. Une preuve simple : les filles qui se masturbent ne crient pas, ou peu. Alors, c'est de la manipulation ! Oui et non. Il y a deux cas de figure : la fille qui se fait chier au lit et qui joue l'actrice américaine. C'est débile, oui, mais j'y vois plus du bourrage de crâne de type "une fille ça crie, ça se voit dans les films !" qu'une vraie motivation à manipuler son partenaire (et donc, un léger manque de QI, mais bon). Autre cas de figure : le reste du temps, quand on s'amuse entre "un peu" et "carrément grave tavu", et que les cris sortent naturellement. Oui oui, naturellement, comme un réflexe très très ancien. Le parallèle avec les singes est d'ailleurs très intéressant et prouve que c'est "un peu" ancré en nous depuis longtemps. Genetic is a bitch.
"Ouais mais on est pas des singes, lol". C'est vrai aussi, mais n'oublions pas que les groupes d'humains préhistoriques ne fonctionnaient pas comme les humains actuels, et que notre évolution est assez fraîche. Donc… Si, on est encore un peu des "singes" au fond, avec des réflexes du même type. Dans un harem de macaques, pour répondre à l'auteur, les femelles doivent satisfaire le mâle afin de garder une bonne place et des privilèges. Il y a un mâle dominant, et, mettant de côté les incartades avec les jeunes mâles, c'est le seul qui s'occupe des dames et organise la hiérarchie. D'autre part, si les cris sont si excitants et permettent de "finir" plus vite, c'est peut-être aussi que la nature est impitoyable et ne laisse pas un temps fou aux galipettes, un prédateur peut arriver à tout moment… La nature est aussi une bitch.
Pour en revenir au sujet, donc, je dirais que si manipulation il y a, elle ne se situe pas forcément à un niveau conscient. D'autre part, je dirais : et alors ? Il faut terriblement manquer de confiance en soi pour y voir quelque chose de négatif. Bouh, vilaine fille manipulatrice qui veut me montrer que je suis un homme efficace, se sentir bien, ou me faire jouir ! Ça devrait être interdit. Et au pire, les cris varient beaucoup d'une femme à l'autre, si vraiment votre copine crie trop et que ça vous ennuie, il suffit de lui en parler, sinon allez voir ailleurs… Je suis pour la paix des ménages. Reste aussi le bâillon, en vente chez tous les bons sites comme Démonia. Oui, je dis moi aussi des trucs semi-drôles, mais quand je lis que les femmes crient au lit pour avoir une belle maison, je perds ma motivation à faire des bonnes blagues.
Continuons sur notre lancée et parlons d'un autre article qui a beaucoup tourné aussi il y a quelques jours, j'ai nommé le délicieux "la sexualité pour les nazes".
Ça partait pas trop mal, disons que fustiger les incontournables "osez" (même si il ne sont pas cités…) aurait pu se tenir, sauf qu'on vire dans le n'importe quoi. Pour avoir lu quelques uns de ces bouquins pour le fun (comme pas mal de monde), la seule constante entre les titres est celle-là : il faut communiquer. Certes c'est toujours un peu niais, bas de plafond, bourré d'évidences. Mais si il y a des gens qui ont besoin qu'un livre leur énonce cette évidence, et bien quoi ? Autant qu'ils le lisent, ça ne peut pas faire de mal. Je n'y ai personnellement pas vu de vrai "mode d'emploi" (on a peut-être pas lu les mêmes…), juste des évidences grosses comme des bras tartinés de ces nombreux "parlez avec votre partenaire"…
Je comprends largement que le public visé ne soit pas celui qui en parle le plus, et que la recrudescence des blogs racoleurs ("holala je suis une chienne et je parle de cul, woohoo désirez moi", aka attention whore) incite à s'en moquer (pour prouver qu'on gère trop, tavu j'suis trop bonne et je sais shaker mon booty). Mais je suis sure qu'ils peuvent malgré tout aider des gens qui, par exemple, manquent de confiance en eux. Et si ça marche, c'est déjà bien, d'autant qu'ils traitent les sujets assez légèrement, histoire d'appuyer sur le fait que le sexe c'est avant tout ludique, et qu'il ne faut pas trop se prendre la tête. A cet égard, les couvertures d'Arthur de Pins me semblent juste idéales.
Ensuite, oui, chacun a sa sexualité, les normes c'est de la merde, et on est pas programmés comme du papier à musique, on est d'accord. Mais c'est aussi ce discours bisounours qu'on retrouve dans les bouquins en question, répété ad nauseam. Tout le monde est d'accord, tout le monde le dit, alors quoi ? Se la jouer "je vais vous expliquer comment ça marche" est juste ridicule. Faut pas être sorti de sa grotte depuis 1930 ou acheter Cosmo et ses petits copains pour croire qu'il y a une norme en matière de cul.
Notons quand même le paradoxe "la répétition d'un exercice n'en fait pas forcément une réussite" et le "si on laissait les femmes se découvrir, se caresser, apprendre à se toucher"… C'est justement en découvrant comment on fonctionne et en répétant qu'on apprivoise le chemin vers l'orgasme. Pas "forcément", c'est vrai. Mais quand même.
Le pire de l'article, selon moi, c'est la phrase de fin : "Le mode d’emploi ultime pour la sexualité […] : essayez.", qui est d'une condescendance rare et d'une bêtise abyssale (ouais, j'ai pas peur, j'suis une ouf moi). Certes, si on essaye pas on risque pas de progresser. Mais 1) c'est facile à dire, tout le monde n'a pas les mêmes facilités, 2) même en essayant, il y a des gens qui appréhendent ou qui ont des problèmes de confiance et 3) c'est pas juste en essayant qu'on réussi, mais en… Communiquant. Ben ouais. Si il ne devait y avoir qu'un mode d'emploi pour la sexualité, il serait sans intérêt et totalement obvious, mais ça serait quelque chose du genre "ayez confiance, ne vous prenez pas la tête, discutez, expérimentez"… Ça me semble déjà plus sympa. Et aussi : oubliez la dictature de TOUS les articles/blogs/magazines "sexo" qui vous disent ce que vous devez faire (enfin, à part peut-être si ils disent de se protéger, hein, ça c'est bien).
Pour conclure, je dirais que l'on assiste actuellement à une vague de nanas qui se la jouent "salopes" sur Internet, sans doute parce qu'elles ont loupé une guerre (le net n'est plus seulement un domaine réservé aux hommes célibataires et DONC frustrés). Elles en ramassent quelques uns, c'est évident, et ça les conforte dans leur délire. Je trouve ça triste, et ça décrédibilise les blogs sérieux, tel que celui d'Agnès Giard, une personne intelligente et cultivée qui fait découvrir des choses nouvelles et intéressantes. C'est vraiment dommage, et ça n'apporte rien. Cet article non plus, du reste… Mais bon. Je me suis demandée si je ne tombais pas automatiquement dans la même catégorie que les gens que je critique d'ailleurs. Est-ce le cas ? Si oui tant pis, je ne suis pas irréprochable. Mais il fallait que ça sorte : j'en ai marre de ces blogs-sexo-ridicules qui pullulent et ne servent vraiment à rien. C'est dit.
Ah oui, j'oubliais : toutes les femmes en couples ne le sont que pour avoir une belle maison et une super voiture, quoi d'autre ? L'amour ? La complicité ? AHAHAHAHAH ROFLMAO.
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