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Journal intime pas privé.

Par Nanie, le 17.08.09 - 05:58:25  |  Catégories: Personnel

Je pense souvent à des choses que je -devrais- écrire. L'élément bloquant, finalement, c'est de savoir jusqu'où aller dans le personnel. Je ne suis pas spécialement secrète, ma famille connaît mon site, mais j'ignore ceux qui le lisent et ce qu'ils y lisent. Donc la plupart du temps, mes idées n'atteignent jamais la phase de rédaction. Est-ce dommage ? Après tout je n'écris que pour moi, uniquement... Je ne pense jamais aux gens qui lisent, ce qui rapproche mon blog d'un journal intime pure souche.
Mais alors, me direz-vous chers lecteurs anonymes, pourquoi un blog et pas un journal intime papier ? Ahah, vaste question qui demanderais trop de temps pour répondre. C'est vrai que, en théorie, je n'aurais pas de soucis de "lectures familiales" sur une version papier. Pourtant je n'ai jamais réussi à m'y faire, et finalement je ne me pose que rarement la question de l'auto-censure sur le blog. Ebauche d'explication :
Quand j'étais gamine (genre 9-10 ans) et que je voyais ma graaaande cousine écrire tous les jours dans son petit carnet, j'admirais. J'adorais les soirées où elle me lisait ses carnets à partir du débuts en commentant, rougissant parfois, et gloussant avec moi sur les "histoires de garçons" (elle a quand même bien 7-8 ans de plus, j'ai oublié et on a plus vraiment de contacts, mais peu importe). Je trouvais ça vachement adulte de s'astreindre chaque jour à raconter quelque chose, même lorsqu'il n'y avait qu'une petite phrase. Je me disais que, quand je serais plus grande, je ferais pareil, pensant avec gourmandise à mes futures histoires de garçons à moi !
Le temps a passé, l'adolescence est arrivée, et j'ai eu envie de mon journal intime Je n'écrivais pas chaque jour, mais j'essayais... Mon insatisfaction chronique provoquait pourtant des refontes régulières du carnet, jusqu'au jour où j'ai écris dans un simple cahier que je trouvais joli, l'abandonnant lui aussi quelques jours après (en vrac sous le lit, et donc dans une zone non sécurisée) pour un super carnet "qui-ferme-à-clés" (ça va, vous suivez ? :s ).
Tout ça pour dire que, jusqu'à cet instant, j'avais 100% confiance en ma famille, me disant que jamais de la vie ma mère n'irait fouiller ma chambre, et que mon père se foutait suffisamment de moi pour ne pas avoir l'idée de chercher, et que, de fait, il était inutile de prendre soin de mettre mes écrits sous clé.
Erreur de jugement fatal, mais je ne le savais pas encore. Un jour, donc, où mes parents s'engueulaient allègrement (un jour je parlerais de mon géniteur, tiens, ça sera funky.), et où comme toujours je finissais par craquer et prendre la défense de ma mère, j'en entendu un superbe "oui oh, de toute façon t'as écris que j'étais un alcoolique". L'instant de silence stupéfait passé, j'ai hurlé "QUOI T'AS FOUILLE DANS MON CARNET ??", même si les majuscules ne rendent pas justice au niveau sonore employé à ce moment là. Il y a eu des insultes de ma part, accompagné de "de toute façon je vois pas en quoi c'est pas vrai", etc etc... Bref, imaginez une ado, dites lui que vous avez lu son carnet intime, et voyez le résultat.
La différence entre ma famille et une famille normale, c'est que mon père est un gros dingue. Donc quelques années après le soucis du carnet, et malgré les quelques précautions que je commence à prendre, il me prouve de nouveau qu'il fouille mes affaire en me montrant, un soir, une lettre déchirée qu'il a sorti de la poubelle de ma chambre (lettre dans laquelle j'avais prévu d'annoncer une nouvelle très personnelle à ma meilleure amie). La lettre provoque quelques remous, genre discussion mère-fille ("c'était qui ? C'était quand ? C'était où ? T'as fais attention ?"), et je décide de ne plus rien laisser en libre accès. Mon besoin de m'exprimer m'a plus ou moins obligé à continuer d'écrire, et la vie suivait son cours (j'ai arrêté d'écrire sur papier autour de mes 18 ans je crois, mais bon je n'ai pas les dates et j'ai oublié :o ). C'est peu avant le divorce que j'ai appris que j'étais une salope, par mon père, ce qui a achevé de dissiper les doutes qui auraient pu planer quand à son assiduité à la lecture de mes aventures.
D'ailleurs, si il lisait autant, je me suis toujours demandé pourquoi il ne m'a jamais fais de remarques plus tôt. Mais finalement j'ai préféré enfouir tout ça loiiin loiiin... Et écrire sur mon ordinateur.
Finalement, le choix de mon espace d'expression est, je crois, assez logique. J'associe le support physique avec quelque chose de trop sécurisant et qui peut très facilement trahir, alors qu'écrire en sachant que n'importe qui (et surtout les gens proche) peut lire permet d'adapter ce qu'on écrit et d'éviter les mauvaises surprises...
La vache, ça c'est de l'article spontané et sans relecture :o C'est pas si courant par chez moi...
Demain, je vous apprendrais à vous défendre avec un paquet de surimi ! A la prochaine fois !

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