J'ai toujours un peu de mal à parler d'images et d'artbook, malgré ma facilité à en partager. Ma dernière tentative de faire un article sur le sujet ne m'a pas semblé super réussie... Beaucoup plus d'images que de texte. Vous me direz il faut bien montrer de quoi on parle, mais ça me chagrine.
Je vais pourtant devoir faire un effort étant donné le sujet très peu "politiquement correct" de l'artbook dont je vais parler. En effet, il s'agit de Hitodenashi no Koi, par le grand Samura Hiroaki (Blade of the Immortal, notamment).
Avertissement : les images qui vont suivre ont été choisies parmi les plus "soft" du livre, mais elles restent assez violentes et sexuellement explicites. Donc les mineurs sont priés de ne pas regarder, ainsi que les personnes facilement impressionnables. Je suis sérieuse là. Non mais.
Suite:
Revenons à l'artbook : mais quoi que c'est donc alors cette chose là ? Un recueil d'illustrations regroupant des dessins érotiques publiés un peu partout par Hiroaki. Un article très complet sur l'auteur ici vous donnera des précisions. Voilà, fin de l'article !
... Non, je déconne. Comme je le disais au début, le thème est assez borderline et il est difficile d'en parler sans passer immédiatement pour une déviante totale. Certains d'entre vous connaissent peut-être le "guro", ou "ero-guro". Pour les autres, il s'agit de dessins (ou manga complets) représentants des tortures, mutilations, assassinats de personnes, si possibles nues et féminines (mais pas seulement, tout est possible). Oui, c'est du dessin, et c'est un truc de gens pas nets. Étant un gens pas net, j'avoue que ça m'amuse pas mal. On touche là au domaine de l'imaginaire et du fantasme. Généralement le public de ce genre d’œuvres n'imagine pas recréer les situations illustrées, chacun se plaçant plutôt du côté de la victime ou du bourreau (selon ses penchants naturels...) et fantasmant à son aise sans s'embarrasser de la réalité. Il y a aussi le public "passif" (comme moi) qui regarde sans but précis, parce que c'est marrant. Ne me lancez pas ce regard, c'est pas si bizarre, j'vous jure. Bref, je vous laisse avec Google pour plus de précisions sur le guro, je ne serai pas celle par qui le péché est arrivé ! Ah ben merde, si. Bref, continuons.
La plupart du temps, la qualité de ce que l'on voit est assez médiocre, peu de bons dessinateurs étant intéressés par le sujet (peut-être qu'ils ont peur pour leur réputation aussi, comme moi au moment où j'écris). C'est sans doute pour ça que l'artbook Hitodenashi no Koi bénéficie d'une telle réputation (et est si difficile à trouver, également...). Si vous avez déjà vu un Blade of the Immortal, vous savez à quel point le trait d'Hiroaki est précis et bluffant de réalisme. Les expressions sonnent juste, le travail sur les ombres est impressionnant... En bref, cet homme n'est pas connu pour rien. Et pour ceux qui ne connaissent pas, il est temps de placer ma première illustration :

Expliquer pourquoi cet artbook est une merveille revient presque à expliquer ce qui rend le guro attrayant, d'où mes problèmes pour écrire cet article. Je vais donc tenter de rester "dans les clous" et ne pas sortir (trop) du sujet.

Ce que j'ai apprécié, c'est qu'en première partie du livre on reconnait comme une histoire, les dessins étaient visiblement développés autour d'un même thème. Si c'est un hasard c'est remarquable, mais j'en doute. On repère rapidement l'idée de jeunes filles vendues aux enchères à des gens pas très très gentils (euphémisme), la couverture du livre ajoutant même un départ à cette "histoire" (un groupe de jeunes filles jouant innocemment près de la mer). En quoi c'est bien ? Hé bien disons que pour un artbook aussi obscène, un manque de fil conducteur aurait pu être gênant et le transformer en simple catalogue sans âme. Bref, ce qu'on voit un peu partout et qui est bien dommage. Pour autant Hiroaki ne se limite pas dans ses délires et laisse libre court à son imagination en changeant plusieurs fois de direction.

Il faut évidemment revenir sur la qualité des dessins qui est vraiment remarquable. Malgré la violence visuelle, on ne peut s'empêcher de rester admiratif devant la technique et le réalisme des dessins. Peu importe qu'ils servent des scènes de tortures ou des chatons mignons, de bons dessins le sont quoi qu'il arrive. Et là, même si le guro n'est pas franchement notre "tasse de thé", je crois qu'on ne peut qu'apprécier (en tous cas les moins hard, je ne suis pas un monstre tout de même, je comprends !).

Enfin, ce qui m'étonne le plus c'est cette inventivité dans les scènes de violence. Il semble clair qu'Hiroaki ne s'est aucunement limité pour des raisons morales. Même si la plupart des dessins de cet artbook pourraient profondément choquer de nombreuses personnes, il va vraiment au bout de son idée sans se soucier des réactions. Je ne dirai pas qu'ils m'ont choquée moi, parce que même si c'est "sale", ça reste du dessin (et beau, de surcroit). D'autant qu'à force, les gens qui me lisent savent que j'ai eu il y a peu une grande période torture porn, alors plus rien ne me heurte vraiment.

Pourtant, si il y a une chose à retenir après avoir fermé le livre, c'est cette sensation de "possibilité". Je crois qu'au fond de chaque humain sommeil un sadique (ok, chez moi il est super bien caché, l'ordure) et qu'au final on le réalise en étant exposé à la cruauté. Une cruauté qu'Hiroaki nous balance au visage comme pour dire "hé, si vous pouviez vous le feriez, hein". Personnellement, je me limiterai aux dessins. Mais j'aime ce qui fait remonter à la surface les bas instincts humains pour rappeler qu'au fond on est bel et bien des animaux sadiques.

En bref, si le sujet vous intéresse et que vous ne connaissez pas ce recueil (si la première assertion est vraie, j'en doute, mais sait-on jamais...), je ne peux que vous conseiller chaudement de vous le procurer. Au prix auquel on le trouve (rarement, en plus), il faut vraiment être sûr de son choix. Et sinon, une rapide recherche devrait vous permettre de le trouver scanné. Oui, c'est pas légal mais quand on ne trouve pas par des moyens légaux, on improvise ! Il serait dommage de manquer un tel régal visuel.
Bon ok, ok, je suis peut-être un peu bizarre.
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