
J'ai un talent fou, je sais...
Une personne me disait récemment qu'elle n'était pas d'accord avec toutes les convictions figurants sur mon blog. Très honnêtement, je ne suis même pas sûre d'être d'accord moi même.
Le tout premier "article" date d'Avril 2005. Rendez-vous compte à quel point j'ai pu évoluer, et d'anciennes idées ont pu se modifier. J'ai déjà envisagé de reprendre l'intégralité du blog et "upgrader" les articles, voire en effacer certains. Mais pourquoi ? Chacun représente une partie de ce que j'étais à un instant T, c'est amusant de se relire et de penser "Holala... J'étais quand même très conne, hein".
Je n'ai pas la prétention de dire que j'ai changé sur ce point, ni que je me suis améliorée. Mais plus simplement, certaines idées se sont effritées, face au réel.
Il y a quelques jours, un article a provoqué un mini-scandale sur Twitter : http://is.gd/CaGgBn Je ne comprenais pas le problème, avant de voir que la "twittosphère française" (et beaucoup de gens très biens) ne toléraient pas que Pénélope B. y soit citée. Pourtant, cet article me semble vraiment nécessaire, à l'heure actuelle. M'ayant dirigé tour à tour sur le blog de Tanxx et de Mimistinguette, il m'a aidé à constater à quel point on incitait les filles à "faire des trucs de filles", alors que celles qui ont des choses à dire ne sont qu'à peine écoutées. En bref, je suis d'accord à la fois avec l'article, sur le fond, et avec Tanxx (sur le fond et la forme, tiens) dans son article rageur contre l'abêtissement de la BD "par les filles" (et pas seulement "pour"). A une époque j'aurais d'ailleurs sans doute écrit un pavé pour dire à quel point je suis d'accord, mais pourquoi risquer de paraphraser Tanxx qui l'écrit si bien ? Inutile. Et puis, malgré toutes mes idées, je n'aurais sans doute pas sa force.
Car un des changements fondamentaux qui se sont opérés en moi concerne justement la défense de mes idées. Avant, je faisais ça avec acharnement, et peu m'importait que le sang coule ! Les gens devaient -comprendre-. Je ne voulais pas leur accord, juste leur compréhension. En retour, je tentais de bien assimiler leur manière de voir les choses. Pour moi, c'est comme ça que le monde devait tourner. Puis la fatigue s'installe, fatigue de cette lutte permanente et inutile. Les gens sont trop cons ? Ouais, il y a de ça. Mais c'est aussi tout simplement que j'ai mieux à faire, comme vivre et me faire plaisir. Les dialogues de sourds, ça fatigue.
Et c'est là que je pose la première nuance concernant cette histoire de BD pour filles. Car je commence à penser que, dans d'autres circonstances, moi aussi je pourrais faire ça, par facilité. Pas forcément pour le fric, mais par dépit... Genre maintenant que j'ai baissé les bras.
Je ne suis pas une féministe acharnée, juste quelqu'un qui aimerait qu'on pense autrement qu'en classant bêtement les autres par genre. Avant, j'expliquais ça maladroitement en disant que j'étais une "fille mec", parce que je n'entre pas dans le cliché de fille auquel on est habitué. Certains le comprenaient de la mauvaise manière, comme si je me mettais au dessus du lot alors que la seule chose que je voulais, fondamentalement, c'est qu'on arrête de voir en moi "juste" une fille, comme je le fais pour les autres. Je faisais donc peu de cas de ce qu'on attendait de moi, en "accord avec mon genre"... Jusqu'au jour où, malgré tout mes efforts, j'ai réalisé que je restais une -fille-, avec tout ce que ça comporte de gourdasserie. Hé ouais, miss, tu pourras jamais être autre chose. Le pire, c'est qu'au lieu de lutter je suis précisément tombée dans le travers que je ne tolérais pas : j'ai joué la cruche. Par facilité, par flemme. Pas envie d'expliquer encore que je vois clair, pas envie de dire "mais je vois où tu veux en venir, hein", pas envie de me justifier. Quand on joue la gourde, tout est tellement plus simple... Même si c'est pathétique. Petit à petit, on finit vraiment par se sentir stupide. Quand un type joue la carte du "hé miss, je bosse chez Blizzard, t'es trop charmante tu sais ?" et qu'on reste juste conne parce que non, vraiment, flemme de lui expliquer la vie, par exemple. Ça laisse un sale goût dans la bouche, c'est indéniable, mais on se dit que c'est pas si grave... Et on joue le jeu. Jusqu'au ras-le-bol définitif. On ne se refait pas à 100% non plus. Mais il est clair que j'évite tellement les affrontements inutiles que j'ai tendance à accepter ce rôle de gentille débile, du moins en façade.
Le rapport avec la BD ? Disons que je crois pouvoir tolérer le fait que des filles encouragent les clichés misogynes. Oui oui, moi. Parce que c'est compliqué de faire autrement, parce qu'on peut finir par se convaincre que c'est même acceptable, voire absolument pas grave. Ces filles et leurs lectrices semblent en être convaincues. Qui suis-je pour venir apporter la bonne parole et leur parler de dessin maîtrisé, de narration de qualité, de réalisme et de cruauté du monde ? Après tout, personne ne m'oblige à lire leurs bouses. Certes, dans certains cas ça me met presque en colère, comme pour Mimistinguette. C'est du foutage de gueule tout à fait évident, un dessin d'une qualité abominable et du (rare) texte d'une stupidité franche. Et non, inutile de me citer xkcd pour la qualité du dessin : est-il nécessaire de rappeler l'humour et l'intelligence de ce webcomic ? Je ne pense pas. C'est pas le même level, m'voyez.
Quoi qu'il en soit, même si j'aimerais vraiment en prendre certaines par la peau du cul et leur monter à quel point elles font du tort aux autres, j'ai pas la force ni la motivation pour le faire. Alors j'ai juste à regarder le monde tourner comme il a toujours tourné, impuissante et, pire, complice par ma passivité.
Monde de merde.
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6 commentaires
dans cette affaire de fronde contre la blogirlisme débile, je me demande si ce n'est pas par pur jalousie contre ces filles qui ont l'air de pourvoir publier des crétineries facilement alors que eux (auteurs raté de bd qui pensent avoir du talent) n'y arrivent pas. et n'oublions pas que certains auteurs de blogs crées artificiellement des "buzz" pour pouvoir augmenter leurs revenus dût a la pub (comme les journaliste créait du scoop pour augmenter leurs tirages)
Einstein a dit un truc du genre: "il existe deux choses infinis: l'univers et la connerie humaine. mais pour l'univers je n'en suis pas sûr" et je suis d'accord avec lui.
alors que faire pour lutter contre le crétinisme? a mon avis pas grand chose, j'ai essayé de convaincre des linuxiens que le système de dépendances entres les applications était un connerie monumentale qui plombait linux et qui l'empêchait de progresser mais en vain. pour lutter contre une idée conne le mieux est peut être de ne pas en parler
non le monde n'est pas de merde c'est juste qu'il est peuplé de cons, alors bon courage!
Après, je doute que les filles qui publient des merdes arrivent à vivre mieux que les vraies pros, mais ça encore je sais pas. Quoi qu'il en soit il n'est pas question de pub ou autre sur les blogs que je cite, c'est pas la philosophie locale.
Quand je parlais du comptoir des cotonniers, c'est pour rappeler que c'est bien là qu'on trouve l'origine de ce que tu appelles "fronde contre le blogirlisme" (un malheureux article sur fluctuat et quelques rares auteurs, on est pourtant loin de la vague de merde "pour filles" qui nous est tombé dessus...). C'est eux qui ont fait exploser cette "rage", à la base, en racontant des conneries comme "nous les filles, on est pas très baston ou heroic-fantasy, heureusement Diglee nous parle de chaussures" (de mémoire, ça date un peu et j'ai pas envie de retrouver le lien) (A la réflexion, le lien est là : http://www.brevesdestyle.com/breves-de-culture/bd-de-filles/ ) Réaction unanime des auteurs de blog-bd, ce qui est d'ailleurs paradoxales pour certaines, mais admettons. Peu après, hélas, sort le "livre" de Coconne Stinguette... Pour avoir suivi les réactions globale à cette annonce, ce qui ressort le plus c'est le ras-le-bol : trop, c'est trop, arrêtez de prendre les nanas pour des débiles finies. Parce que oui, il y en a, et oui certaines vont acheter le livre (comme elles achètent les autres). Mais est-ce que les mecs réagiraient bien à une vague de publications qui dirait, grosso merdo, "réfléchir c'est un truc de tapettes, nous on préfère les voitures !" et dont les gags tourneraient autour de "entre une régulière et une grosse caisse, j'ai choisi !" avec une illu de type gros beaufesque (et dessiné par un môme de cm2) d'un mec bavant devant une bagnole et faisant des bisous à sa carte bleue ? Il y en aurait forcément pour se reconnaître là-dedans, est-ce une raison pour l'encourager et taxer les détracteurs de jalousie ? Je pense pas. La seule chose qu'on peut faire pour lutter c'est pas de ne pas en parler, mais de boycotter en expliquant pourquoi. Je sais qu'on ne peut pas empêcher les gens d'être cons, et qu'on est toujours le con de quelqu'un, mais je n'excuse pas cette mode de la stupidité en étendard. Sous prétexte de "légèreté" on nous balance des trucs insipides au visage (cf la mode des films 3D hein, même topo, du vide bien emballé) et pire, si on se plaint la réponse qui nous est souvent faite est 1) "méheu liberté d'expression mon cul sur la commode" et 2) "si t'aimes pas, achète pas". J'envisage de publier une BD faisant l'apologie de la torture sur les petits enfants, et si on me critique j'utiliserai les mêmes arguments, on va voir si ça passe (et pourtant ça serait pas complètement con, marre des gosses des autres). Alors oui, c'est pas "délicieusement futile", mais j'en ai un peu ma claque de la futilité et du refus total de voir le monde tel qu'il est. C'est pas une paire de pompes à paillettes qui rend la vie meilleure, et celles qui pensent le contraire me font vraiment pitié, au sens premier du terme. Après oui, il faut de tout, du léger, du moins léger, mais enfin cette norme machiste et primitive du "la femme est futile" me broute, et je crois qu'il faudrait que les lectrices réagissent autrement que "mais c'est pour de rire :O" alors que c'est contre elles que ça joue. Accessoirement, ça fait aussi preuve d'une méconnaissance totale du principe de la liberté d'expression, mais on va pas demander à une plante verte de réfléchir.
Faut croire qu'il me reste encore un peu d'énergie, finalement ! ^^' J'suis moins démotivée que le jour où j'ai écrit l'article ! Question de contexte, je suppose. J'ai refait le plein quelque part entre temps, même si je sais que je suis devenue fondamentalement défaitiste...
Et franchement, mais franchement, je tique gravement sur le "sans talent". Des gens qui publient chez Même pas Mal (http://www.meme-pas-mal.fr/), entre autre, sont loin d'être sans talent. J'suis limite scandalisée qu'on oppose quelqu'un comme Cha à Pénécruche en parlant de jalousie. Mais j'admets avoir une haute idée de ce que devrait être un produit culturel comme la bd... Faut que ça parle, que ça dérange, que ça tâche, bref que ça fasse réfléchir d'une manière ou d'une autre.
pour le coup de la jalousie ce n'est qu'une supposition, et elle m'as été inspiré par un article d'un blogeur qui chiait littérallement sur ces consoeurs blogirlstes plus que l'article de sur fluctuat (qu'il faut que j'avoue ne pas avoir lu jusque au bout, étant donné que j'étais d'accord)
pour les gens que je qualifiait de sans talent ce n'était que ceux qui aurait pu être jalous des blogirly
est ce que l'équivalent masculin du blog girly existe? en blog peut être pas encore mais en magazine c'est déjà le cas, il suffit de lire un newlook pour s'en rendre compte
plutôt que de partir en croisadee contre ces blogs de merde pourquoi ne pas partir a en guerre contre les racine du mal: les créateurs de mode les fabriquants de jouets "girly" (c'est EUX les inventeurs de ce terme) les magazines, etc... Barbie par exemple, c'est l'antéchrist, je ne trouve pas de mots suffisant pour dire a quel point cette chose a détruit nombre de cerveau autant chez les filles que chez les garçons, car si les filles se disait "c'est comme ça que je vais être plus tard" et les garçon se disait "toute les filles sont comme ça"
bon je n'écrit pas plus parce que a chaque mot supplémentaire j'augmente le nombre de fautes d'orthographe et le risque de dire n'importe quoi ou d'être mal compris
Les magazines "genrés" donnent effectivement un exemple de ce qu'on fait de plus sexiste, et dans les deux cas. Comme quoi oui, il y aurait un public pour l'équivalent masculin du bd blog de cruche. Ceci dit effectivement j'en connais pas donc je partais du principe qu'il n'en existe pas, mais je me gourre peut-être (non, ne me pouvez pas le contraire, pitié, laissez-moi mes illusions).
Par contre, désolée, mais je vais encore pas être d'accord (rien de personnel une fois encore, tout ça tout ça). Certes, les Barbie c'est pas franchement ce qu'on fait de mieux en jouets. MAIS. Déjà il y a pire, même si le nom me vient pas (les putes à grosses tête, là... Ce truc... Enfin y en a surement d'autres). Et puis bon, j'ai joué aux Barbies, comme pas mal de gens sensés. Dans un environnement équilibré et propice à l'éveil par ailleurs, le jouet en lui-même ne rend pas plus con qu'autre chose. J'ai aussi eu de la dinette, et tout. Sauf qu'à côté il y avait d'autres choses, et une éducation qui m'orientait vers la réflexion et la curiosité. Alors plutôt que blâmer le jouet, je blâmerai les parents (on en revient toujours à ça) qui encouragent les pires clichés au lieu de tenter d'ouvrir leurs enfants au monde (non, pose ce couteau...). C'est plus facile de poser Jennifer devant secret story avec ses poupées Barbie que de lui apprendre le nom des fleurs, par exemple. Triste, mais courant.
Et puis j'ai du mal avec la culture du "au lieu de râler sur ça, regarde il y a pire : la guerre, la faim dans le monde, Charles Pasqua..." Oui, on peut toujours trouver combat plus noble ou plus logique, simplement. Mais on se fâche surtout contre les choses qui nous touchent personnellement. Je suis une fan de BD en tout genre, et une fille qui essaie de décourager les pires clichés, donc ce sujet précis me touche. Alors que les créateurs de mode, les fabricants de jouets ou les magazines féminins... Ben je m'en fous un peu, à la base, du coup même si je chie dessus à l'occasion, j'ai pas de raison particulière de me sentir dérangée par ça. Mais si l'occasion s'en présentait, il est certain que j'aurais certainement de quoi râler, hein.
Enfin bref, t'empêche pas de donner ton avis si t'as envie, c'est de la saine discussion je crois ! Zen et détendu, tout ça tout ça ^^
moi aussi je suis fan de bd mais je ne pense pas que le blogirlisme est quelque chose a voir avec la bd, c'est juste des déssins crétins illustrant une pensé crétine
je voulait aussi citer les putes a grosse tête mais je ne me rappelle plus bien leur nom, brax winxz putzx ou quelque chose dans le genre. (si j'ai réussit a trouver le nom juste ça va faire venir des cruches par ici grâce a l'omniscient amis google et peut être les inciter a jeter ces merdes.)
c'est vrai que l'éducation doit donner a la base un sens critique pour nous permettre de ne pas prendre au pied de la lettre les messages de la société mais j'ai peur que ceux ci soit les plus fort (les publicitaires de merde ont reçu une formation de manipulation mentale (ou tout simplement ils sont doué pour ça) mais les parents non) j'ai lu un article d'une journaliste qui pensait avoir éduqué sa fille loin des cliché et qui a constaté que dès qu'elle a mis celle ci a l'école, les autres gamins ont vite fait de la remettre a ça place de "fille"
je suis bien tenté de rechercher l'équivalence du blog girly pour homme (juste pour te faire perdre tes illusions) mais je croie que j'ai mieux a faire
bon moi maintenant fatigué d'écrire, moi retourner arracher patate dans jardin, ça pas trop compliqué.
C'est totalement hors sujet et complètement con, mais je n'aime pas cette discussion des "racines du mal". Les racines du mal, ce ne sont IMO pas les magazines antineuronaux, ceux-là existent tout pareil pour un public masculin (Entrevue, FHM, AutoMotoSportChassePêchePORNNatureTraditionMesCouillesEnSucre,...). Les magazines, les BDs du genre, les jouets Girlys etc ne sont pas produits par des sexistes pure souche, mais par des hommes d'affaire. en clair, ils existent parce qu'il y a un marché, et des gens prêts à les acheter. Hommes comme femmes.
Je pense que ce sujet, comme la majorité des sujets "de société" actuel à mes yeux, nécessiterait que l'on cherche un peu moins à les combattre par la déresponsabilisation des masses (franchement, certes des lacunes éducatives se font sentir, certes on peut parler longtemps de la perte de repères moraux, etc. mais faudrait quand même penser à ne pas traiter l'humain comme une bête qui n'est rien d'autre que ce que l'on lui inculque à coups de bâtons)
Tu veux combattre les racines du m[a/â]l[e]?Bien. Combats toi déjà toi-même, combats chaque bribe de sexisme qui trouve le chemin jusquà ta bouche quand tu parles, combats chaque idée reçue pourrie, cherche à les débusquer et à changer ta vision des choses durablement. Après, ouais, ptet faire autre chose. Mais en attendant, les causes du sexisme/racisme/proxénétisme ne sont pas à chercher chez les dirigeants uniquement, mais aussi chez nous. genre nous, EN nous.




















