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Parce que je n'ai pas le courage de trouver un sujet moi-même après cette période toute agitée des fêtes de fin d'année, je vais m'inspirer librement (pour ne pas dire "copier comme une sale" ) du dernier article de Carc.
En général, les fêtes de fin d'année c'est comme un coup d'éponge sur tout ce qui est arrivé au long de l'année qui se termine. Et il faut dire que, sincèrement, de mon côté c'était pas terrible. D'ailleurs, j'ai beau entendre/lire beaucoup de personnes différentes, 2009 n'a pas été une super année de toute évidence. Il y a sûrement une raison astrologique à tout ça, ou encore la volonté divine de faire chier, mais bon, c'est le sentiment qui domine.
Petit exorcisme personnel :
- Professionnellement parlant, c'est du grand comique, mais ça tout le monde a l'habitude. Le projet ? BOUGER MON PUTAIN DE CUL et bosser un peu, quoi, merde. Enfin, bosser selon mes critères. C'est à dire mener à bien différents projets en cours, et avoir des bons résultats dans ce qui me tient le plus à coeur dans cette vie à la con : les langues asiatiques. Je veux dire, des résultats mesurables. Que je DOIS donc mesurer. Bordel. (Là, je sens des regards incrédules posés sur moi. Mais sisi, je vous jure, c'est bien moi qui parle, on a pas hacké mon blog >< ).
- Côté coeur ... Je sais même pas si j'ai envie d'en parler. Des ruptures. Ouais, des. Et pas du tout envie de construire quoi que ce soit avec qui que ce soit. Il a fallut que j'approche des 25 ans pour prendre le contre-pied de tout ce que les gens de mon âge sont censés penser... Se poser, c'est pas du tout pour moi. Je découvre depuis peu de temps que c'est bien d'être un peu seule, ça me soulage vraiment. Même si il y a des personnes auxquelles je tiens assez pour me dire que c'est pas non plus le calme plat dans mon petit coeur, j'ai toujours pas envie de. Et je ne.
En tout cas pas avant de longs et tumultueux mois, c'est certain. Peut-être plus. Je VEUX être vieille aux chats, question de karma.
- La ... Santé, oui. Ahah. Un "accident" de parcours qui me coûte encore des hectolitres de sang (exagération non visible, mais j'en ai vraiment plus que marre par contre >< ), de la panique en pagaille... C'était une année physiquement et moralement éprouvante, on peut le dire.
- L'argent, c'est juste histoire de coller aux horoscopes que j'en parle, parce que j'ai pas un rond, et je sais même pas encore à quel point. Et je m'en fous à peu près \o/
Les espoirs pour 2010 donc ? Bosser, rester encore un peu seule, me remettre en forme (c'est ce qui progresse le mieux pour le moment x-x" ), et essayer de rester dans le positif financièrement. Bref : faire des trucs biens pour moi, tout en arrêtant d'être égoïste, paradoxalement. C'est à dire arrêter de compter sur les autres, en tout cas cesser d'abuser comme je le fais, et me débrouiller un peu mieux pour mon non-futur. Et finir mes jeux de Xbox aussi ><" Et tous les dramas/films/animes que je dois mater... Et... Holala... Tout ça, la vache. Ah ouais, et maigrir aussi, ça serait génial. Un riche mécène pour me payer une cure de soupes vitaminées ? Pff.. Finir d'acheter l'intégral des romans de Murakami aussi \o/ Bon ok, on entre un peu dans le fantasme là, stop. Tirer un trait sur tous les événements négatifs passés sur lesquels je ne pouvais pas avoir d'influence et qui n'ont pas le droit de me hanter, c'est pas mal non plus. Merde, et moi qui disais que je ne ferais pas de liste de bonnes résolutions... C'est foutu. Autant aller au bout...
Ne jamais me sentir "finie", changer, changer, et garder à l'esprit que tout pour arriver à n'importe quel moment. Voilà. La touche niaise finale indispensable !
Et n'oubliez pas, 2010 est l'année du tigre @_@ FEAR DA CAT.
Il y a des choses qu'on ne s'explique pas. Des chemins tordus dans nos têtes, qui vont rapprocher des faits qui n'ont rien à voir les uns avec les autres.
L'autre jour, devant Ken Park, une phrase bizarre clignotait dans ma tête. "C'était nous". Et j'ai eu envie de pleurer. Je l'aurais fais si j'avais compris pourquoi j'aurais dû pleurer, sur quoi je devais pleurer... Et puis j'ai compris que c'était sur "nous", que j'avais envie de pleurer. Un "nous" très lointain, presque invisible, caché par des années de souvenirs plus récents. Un "nous" que je n'ai plus employé depuis bientôt dix ans... La vache. Ça fait bizarre de se dire ça. Dix putain d'années...
Ce film m'a renvoyé des images et des sensations que je connais sans pouvoir les définir. Des sensations qui me tordent le ventre de pitié et de regrets, et le regard de celle qui a avancé en abandonnant purement et simplement un pan de sa vie. Je ne le regrette pas "strictement"... Mais je me suis toujours sentie coupable. Et j'ai enterré ce sentiment loin, loin, le plus loin possible...
Mais on est en Novembre. Traditionnellement, c'est la période de l'années la plus sombre pour moi, pour tout un tas de raisons. Des souvenirs de violence, de douleur physique, de tant de choses dont je ne parle pas parce que je déteste m'apitoyer, mais qui ressortent quand même parfois. Et comme ici, très peu de personnes me lise, je me sens encore assez libre pour m'exprimer sincèrement. Parce que je ne peux pas vous parler, je ne sais même pas comment m'y prendre. Et que, finalement, c'est sans importance le passé. C'est ce que les bien-pensants disent, en tout cas.
Sauf que voilà. Dire que ce film m'a bouleversé est vrai, mais pas uniquement pour ses qualités propre. Tout ce bordel qu'il a semé dans ma tête, je le sens encore maintenant. Ça va passer, comme toujours. Il y aura les fêtes, et la nouvelle année, et on passe à la suite sans réfléchir... Mais avec toujours, tapis dans un coin, en sourdine, les mêmes sentiments sombres. Et l'envie de les exprimer, une "vraie" fois, proprement, sans jamais y parvenir.
Je les aimais tous sincèrement. Surtout lui. Le modèle qui a influencé mes relations ultérieures, comme si je le cherchais dans chacun des hommes que je rencontre sans jamais le retrouver. L'élément de comparaison. Celui qui leur donne tous des complexes... Alors que finalement, il n'y a pas de quoi. J'ai juste manqué de modèle paternel, c'était ma façon de m'adapter.
On était tous les cinq dans la même merde. Région pauvre, parents absents/alcooliques/débordés (même si ils faisaient parfois de leur mieux)... Il n'y avait pas grand chose à faire, là-bas, et leur façon de s'amuser est devenue la mienne. J'aime bien dire, de temps en temps, que ma vie est un drama... Mais c'était particulièrement vrai à cette époque. Quel reflet est-ce que nous renvoyions ? Têtes-à-claques, égoïstes, sales petits cons, délinquants, toujours trop sûrs d'eux et arrogants. Alors que derrière la façade, on essayait seulement de vivre. Je sais qu'on était chanceux par rapport à d'autres, finalement. Et il y a toujours des choses plus graves dans le monde que nos petits états d'âme de mômes sans cervelles. Que nos pauvres petites vies tristes...
Tous, nous étions malheureux, et on se regroupait pour l'oublier.
A., il n'avait plus vraiment de parents. Définitivement plus de mère, et puis plus de père pour d'autres raisons. Il était seul, persuadé que le monde lui appartenait alors qu'il n'était qu'un pauvre garçon utilisé par d'autres. On était un peu pareils, sans repères, et avec la même fragilité à l'âme... Un besoin irrépressible d'être aimé, et une peur panique de l'oublie et de l'abandon. Il jouait le fort jusqu'à devenir un vrai méchant, mais sans perdre sa faiblesse. Avec lui j'étais la poupée en porcelaine à protéger des chocs, la princesse à sauver des vilains, le chaton à ramasser sur le bord de la route. Sauf qu'il ne savait pas assez bien jouer au prince charmant...
C. s'était barré de chez lui pour faire sa vie, suite aux conseils de certains amis de "mauvaise vie". Il n'était pas fâché avec ses parents, mais ils ne se voyaient plus très souvent. Son problème principal est peut-être simplement d'avoir un peu manqué d'affection, ou du moins de la présence de ses parents pour le conseiller sur les bons choix à faire. Il ne s'engageait pas sentimentalement, avec personne, comme si il était insensible aux sentiments des autres. Et je crois que c'était le cas... Sauf avec nous, en fait. Il faut dire que ses origines maghrébines assez marquées jouaient nettement contre lui, dans une région de connards raciste comme la notre. Il s'était blindé à tout, le seul problème c'est qu'il avait oublié de laisser passer le positif.
R. ne parlait pas de sa vie hors du groupe. Je ne sais presque rien de sa vie, juste qu'il était suffisamment mal dans sa peau pour se défoncer à longueur de temps à l'héro... Les rares fois où j'ai tenté d'en savoir plus, je me suis heurtée à un mur. Il était toujours loin de tout, mais il pleurait souvent. Je ne l'ai vu sourire que peu de fois.
J. souffrait du classique syndrome des gosses de riches qui se rebellent par ennui. Sa vie était normale, il vivait chez ses parents, il avait une soeur très gentille, petite famille idéale. Alors dans son autre vie, il se lâchait. Et au contact de tout ces gens dérangés, il a fini par se prendre au jeu. Toujours présent pour faire cramer sa CB ou dépanner n'importe qui, il utilisait son argent à défaut de pouvoir vraiment exprimer ses sentiments. Il nous aimait, mais sans jamais le montrer. Toujours partant pour faire le con, j'ai longtemps cru qu'il n'était là que pour s'amuser. Mais quand les choses sont devenues graves, finalement, il était là.
C'est difficile de résumer des vies humaines en quelques lignes, surtout des gens qui mériteraient qu'on en parle tellement plus. Toutes ces vies particulières, ces expériences particulières, qui ont un jour participé à faire de moi la conne que je suis aujourd'hui. On se tenait chaud dans notre tristesse, on était dans un monde à part où le temps s'écoulait différemment. Des jeunes humains dans un monde qu'on ne comprenait que trop bien et qu'on tentait d'oublier.
Des nuits après d'autres nuits, à boire, fumer, absorber par différents moyens toute les substances qu'on pouvait trouver, et baiser beaucoup, pour alléger le poids de la réalité. Des petits-matins la gueule pâteuse, à entrer en cours directement en sortant de chez eux, et entendre vaguement les "camarades" commérer dans mon dos, en m'en foutant comme de ma première dent de lait. Des nuits dans la forêt, d'autres assis sur la route, et d'autres encore bien confortablement installés dans sa chambre. Avec les volets et les fenêtre ouvertes, respirant à plein poumons l'odeur des moissons (cliché mais véridique >< ). Je croyais que les choses ne changeraient pas. Non, j'espérais que. Nuance. Mais tout à changé, et j'ai remisé tout ces souvenirs dans des gros cartons.
On entend souvent dire que l'adolescence n'est qu'une étape dans la vie, qu'en grandissant on oublie "tout ça" pour se concentrer sur les problèmes des "adultes"... Je crois que c'est une connerie, et que ce qu'on vit à ce moment là nous marque plus profondément que tout le reste. Peut-être que je suis un cas à part, que j'ai juste du mal à devenir une "grande personne"... Mais j'en doute. C'est juste que je ne me donne pas de genre, que je fais pas semblant d'être une adulte parce qu'il faut, avec toutes les pensées toutes faites qui vont avec cette image.
Quand on oublie, c'est qu'on cache. Mais je ne veux pas les cacher, ils ont marqué ma vie, et quand j'aurais 80 ans j'aurais toujours cette mélancolie en y repensant. Cette mauvaise vie qui aurait pu rester la mienne, peut-être même avec lui, si je ne m'étais pas sauvée. J'aurais voulu leur dire, à eux, que je les aimais... Mais quand on aime plusieurs personnes trop intensément, on a le droit de l'avouer à aucune sous peine de devoir choisir. Et choisir, ça fait mal. Dire qu'en dix ans, j'ai pas évolué d'un pouce...
On m'a déjà demandé pourquoi je ne les avais plus vraiment revu depuis. De "je sais pas trop" en "pas envie", il a bien fallut admettre que c'est pour des raisons égoïstes... Je ne veux plus rien savoir, plus rien toucher. J'ai déjà appris des choses qui m'ont déçue, qui ont effrité cette mémoire trop précieuse, et je veux protéger ce qu'il en reste.
Mais jamais de la vie je n'aimerais retourner en arrière. J'aime trop ce qui a suivi, même si c'était pas toujours drôle... Et surtout, surtout, il y a maintenant des gens que j'aime trop pour pouvoir ne serait-ce qu'imaginer les oublier. Je n'en ai vraiment aucune envie. J'ai juste, par moment, des bouffées de souvenirs dont je n'ai aucun moyen de parler, parce que c'est trop compliqué. Et aussi un léger traumatisme causé par une trop grande facilité à parler, à une époque. Du coup, j'écris de la merde, mais une merde qui retranscrit le mieux possible mon état d'esprit. Mes excuses aux lecteurs égarés... J'éviterais de recommencer.
Sortie de crise, une bonne semaine après le début. Une crise entre mon corps et moi, une trahison même.
La surprise d'abord, l'angoisse ensuite... Une angoisse de plusieurs jours, la pire de mon existence, alors que je m'y connais plutôt bien. Une fièvre permanente s'est installée, et aussi la nausée. Estomac bloqué, plus moyen de rien avaler... Trop de stress.
J'ai l'impression qu'une semaine entière de ma vie n'a été qu'un rêve. Dormir, dormir, je n'arrivais plus à penser à autre chose, comme si mon esprit décidait de se planquer en attendant le dégel. Quasi narcoleptique, la fille, capable de s'endormir même sur une chaise.
Alors que c'est pas mon genre. Mais la panique, m'voyez... On échappe comme on peut à la réalité.
Et après... Le temps de réfléchir. Voir les choses autrement, devoir assumer soudain des choix qui n'en était pas quelques temps avant. Remettre une partie de ses certitudes en questions, réaliser qu'on est pas ce qu'on pensait être...
Puis le no man's land. Après un traumatisme, on est plus ou moins obligé de passer par là. Qu'elle soit physique ou psychologique, on met inconsciemment de côté une partie de nous tant que tous les problèmes de sont pas réglés. Des traumas, des -vrais-, j'en ai connu quelques uns. Entre un père taré, deux cancers, et d'autres choses encore... Je crois que j'accumule, en fait. On m'a dit que j'étais "sure de moi"... Ouais, c'est vrai. Il y a des choses qui endurcissent l'esprit. Je n'ai aucun droit à l'erreur, jamais de regrets dans mes choix. Une personnalité particulière, forgée à coups de douleurs physiques et morales assez hors du commun. Une approche la plus clinique possible des problèmes, même sous le coup de la pire angoisse.
Mais ça ne met pas à l'abri du phénomène du no man's land. On ne s'habitue jamais aux traumas et aux chocs. A chaque fois, tout est à refaire. J'ai mis tout mon corps de côté pendant une semaine, ne ressentant plus rien, ne réceptionnant plus aucune de ses demandes.
Le retour à la normale rassure, j'ai plus de fièvre et je mange. Pourtant, je suis encore totalement bloquée dans cette relation conflictuelle que j'entretiens avec ce putain de corps. Il va encore falloir du temps pour que ça passe.
Enfin bon, je vais environ bien. Il faut juste un peu de temps et de repos, ça ira... Comme d'hab quoi.
お帰り, 私の体。。。久しぶりですね。
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