Nous y voilà. Nous y voilà « encore » ... Demain, je retourne voir la famille Zeller, un des meilleur élevage d’akita inu au monde, sans doute. Comment en est-on arrivé là, d’un coup ? Je vais essayer de résumer toute cette histoire, pour moi, et vous (vous qui êtes certainement des amis, sinon je vois pas ce que vous viendriez chercher sur la zone « my life » par excellence !), histoire de rendre tout ça plus clair.
Depuis quelques années maintenant, je suis, disons, passionnée par la culture japonaise. Quelle surprise ! Enfin bref. Pour moi, aimer un pays c’est quelque chose de global, une curiosité qui concerne tous les aspects du dit pays. Ajoutez à ça mon amour inconditionnel des animaux et vous arriverez à des recherches concernant les races de chien de l’archipel nippon. J’abrège, mais vous voyez le tableau. De là, l’inévitable découverte de l’akita inu, élément du patrimoine japonais, et forcément : le coup de foudre pour cette race superbe, au caractère si particulier.
Le temps passe, la vie continue, et dans un studio il est difficile de trouver la place pour un toutou d’une petite quarantaine de kilos. Oublié donc, pour un temps, le chien des samurais. Puis, des années plus tard, recherche d’un appartement. Je découvre la joie d’avoir un grand appartement entre deux parcs bien verts et sens les rêves enfouis remonter à la surface, même si le déménagement n’est pas encore terminé. Et, doucement, l’idée fait son chemin. Un chien. Ce chien. Comme un présage, cette année est l’année des noms en « e ». Eien. Eternité... Le nom s’est imposé à moi, envahissant régulièrement mes pensées et mes rêves. Et je le vois, Eien, ce magnifique mâle roux à l’allure fière... Je l’imagine, en tout cas. Il se promène dans ma tête, au point d’être évoqué. Mais il faut attendre, il y a beaucoup de travail, avoir un chien est, pour le moment, exclus.
Le déménagement terminé, les choses s’emballent. J’ai maintenant la possibilité de l’avoir, mon Eien ! C’est officiel, j’ai carte blanche. Et me voilà en train de chercher des élevages. Où ? Peu importe, la France entière peut me convenir. Pourtant, et contre toute attente, c’est à une petite vingtaine de minutes de chez moi que se trouve mon bonheur, à Roquefort-les-Pins. Une pépite d’or près du littoral, l’élevage « of Kamino Ken ». Les photos m’intriguent, j’y vois des chiens très typés, à priori très beaux, mais j’hésite à y croire. Si près ? J’aurais de la chance ?
Une fois le feu vert obtenu, je téléphone et tombe sur un homme très (trop ?) sûr de lui. Etant environ l’humilité incarnée, j’ai toujours des difficultés à réagir face aux gens aussi fiers d’eux. Il est le meilleur et ne se prive pas de le dire, au point où je commence à douter. « Je peux me permettre de refuser de vendre des chiots si les gens ne me plaisent pas ». Angoisse. Je sais ce que je vaux avec les animaux, en revanche je suis loin d’être un humain présentable. Je flippe carrément en acceptant le rendez-vous, totalement terrifiée à l’idée de ne pas lui plaire, et qu’il refuse de me céder un chiot.
Le jour de la rencontre, heureusement, je ne suis pas seule. Il y a Kans, bien sûr, mais aussi le couple adorable formé de mon cousin et sa charmante copine (qui doit aimer les chiots autant que moi, et ne voulait pas manquer ça !). Je vire quand même les pentacles et les clous, histoire de ne pas être trop vite cataloguée. Arrivé devant la villa, nouvelle crise d’angoisse, mais une petite fille ouvre la porte avant même que nous ayons atteint la porte. « Et là, c’est le drame ». 3 chiots akita popent* devant nous, et je sais que c’est fini : J’EN VEUX UN ! Nous sommes très bien accueillis mais, pas de chance, il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors ! (Ahah. Hm.). Il pleut des cordes, un vrai déluge. Nous restons donc un peu à l’intérieur, le temps de caresser les tonneaux chiots, puis mr Zeller nous présent la famille « quat’pattes ». Nouveau choc. Immédiatement devant nous, son champion Kotarou. Je comprends mieux les résultats, il y a vraiment de quoi être fier. Une bête magnifique, qui juge bon de se lever sur ses pattes arrières contre la grille, pour dire bonjour. Je sais pas si c’est une impression, mais il me semble immense ! En tout cas il en impose, c’est clair. Et surtout, il est gentil comme tout. On continue la visite guidée, avec explication de l’arbre généalogique au fur et à mesure. Tous les chiens sont superbes, typés, et bien différents les uns des autres. Je suis de plus en plus convaincue !
De retour à l’intérieur, pourtant, l’angoisse revient. La discussion se clos sur un rendez-vous « au sec » pour profiter des chiens, et je ne sais pas encore si je peux en espérer un. De plus, le prix, même si il est pleinement justifié, m’a fait un peu frémir. J’ai donc passé une soirée à réfléchir (presque en silence, ce qui rare !), et à remettre en ordre toutes les contraintes qu’apporteraient le chiot, au point de perdre de vue les bons côtés et de ne plus savoir si je m’en sentais vraiment capable. Un chien est une énorme responsabilité, et c’est la première fois que je ressens une telle pression. C’est avant de dormir, en passant rapidement à la salle de bain, que tout s’est dénoué. J’ai regardé le « coin » déjà dévolu au futur panier, et vu le chiot qui serait bientôt là, près à venir me faire un câlin avant qu’on dorme tous. C’est con à dire, mais à ce moment là la discussion était finie. Je crois que je l’aime déjà...
*va jouer à un mmo, noob !