Bleu Presque Transparent
Bleu presque transparent
Ryû Murakami
Editions Picquier Poche

Aujourd’hui, un peu de littérature.
J’ai lu il y a plusieurs mois maintenant le premier livre de Ryû Murakami, "Bleu presque transparent".
Qui est Ryû Murakami ? Facile, un écrivain japonais, également cinéaste. Je l’ai découverts de multiples façons simultanément. D’une part, grâce au film "Audition" (de Takashi Miike), adapté d’un de ses livres, d’autre part, grâce à sa récente trilogie, que je n’ai pas encore lue (trop cher, j’attends l’intégrale en poche…). La curiosité m’a donc poussée à découvrir cet auteur, et j’ai choisi son premier livre.
Ce qui frappe en premier, c’est l’apparente absence de structure. Les "extraits" de vie se succèdent, simples et réalistes. Les personnages se dessinent lentement, un groupe d’adolescents livrés à eux même.
Vous l’aurez compris, c’est un "roman" difficile à résumer. Une chose est sure : c’est un livre assez violent. Entre les drogues, le sexe, la brutalité, les personnages semblent ne cesser de s’auto-détruire. Et pourtant, sous cet aspect, il y a quelque chose, entre la tristesse et l’espoir… Un sentiment difficile à expliquer, peut-être simplement l’envie de les aider…

J’ai adoré ce livre, que dire d’autre. Il évoque des choses tellement simples, que je connais aussi tellement… D’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, il est des choses qui se ressemblent beaucoup… il me rendrait presque nostalgique.


Old Boy

Après une période d’absence assez longue, me revoilà.
Pour ce retour, j’ai décidé de parler d’un film de très grande qualité. Oui, vous avez lu le titre de la note : Old Boy. Les critiques que j’ai pu avoir étaient pour la plupart très élogieuses, donc à sa sortie, on m’en a gentiment fait cadeau.
La règle voudrait que j’en fasse un résumé, et que je donne mon point de vue ensuite. Sauf que pour le résumer sans trop en dire, c’est compliqué. Je test :
Oh Dae-Soo est un homme apparemment banal et sans histoire. Un jour, alors qu’il est passablement éméché et qu’il rentre tard, il se fait enlever. il se retrouve seul, dans une petite pièces, avec une télévision et le strict minimum de confort. C’est dans cet endroit lugubre qu’il apprend que sa femme a été tuée, et qu’il est le seul suspect. Il restera enfermé 15 ans… Jusqu’au jour où, sans raison, il est libéré. Seul dans un costume de grande marque, il part à la recherche de la personne qui l’a fait enfermer.
Le résumé à l’air vraiment bateau. On en tire rien d’intéressant. Mais derrière ces lignes se cache le film le plus malsain et tordu que j’ai pu voir. Ce type perdu dans un monde qu’il a oublié doit trouver quelqu’un dont il ne sait rien, et lorsqu’il le trouve, il se rend compte qu’il ne s’est “pas posé la bonne question”.
En plus d’un scénario sans faille, l’ambiance est extraordinaire. Et les acteurs sont simplement géniaux, notamment la douce Mido !
Donc mention spéciale pour ce film que vous devez voir !!

Voilà notre héro, respirant la joie de vivre :
OldBoy1

Mido en plein cours d’éducation sexuelle :
OldBoy2

Le grand méchant ! Mais bon, le voir n’apprend rien, je ne spoile donc pas trop.
OldBoy3

Et enfin, le papier-peint. C’est l’élément le plus … huu… particulier du film. Les papier-peints sont tous très relatifs…
OldBoy4


Geisha
Geisha
Arthur Golden
Editions Le livre de Poche

Cette fois encore, parlons livres ! J’avoue avoir hésité, je viens d’en lire deux en même temps, très différents l’un de l’autre, mais je vais parler cette fois de…

Geisha, de Arthur Golden. Je ne suis pas pressée par le temps, je parlerai de l’autre plus tard.
Donc, résumé : Chiyo est une petite japonaise, habitant dans un village de pêcheurs avec sa grande soeur. Nous sommes dans les années 30, et l’ouverture sur le monde n’était pas encore ce qu’elle est actuellement. Chiyo grandit donc sans se soucier de rien jusqu’au jour où sa mère tombe gravement malade. Son père est vieux, et accepte la proposition d’un homme, Mr Tanaka, d’envoyer ses filles à Kyoto dans le but d’en faire des geishas. Hélas, les deux sœurs sont vites séparées : la plus grande finira dans un quartier plus pauvre, en tant que « simple » prostituée, mais Chiyo deviendra Sayuri, une geisha de renom, malgré un départ plus que défavorable.

Ce livre est surprenant. Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un roman présenté de manière classique, mais plutôt sous la forme de mémoires. Et même si le personnage de Sayuri n’a jamais existé, elle est tellement crédible qu’on finirait par en douter ! La vie quotidienne de la jeune fille est prétexte aux explications les plus diverses sur la vie de geisha, ainsi que sur les coutumes japonaises (à l’époque). Mise en garde pour les pervers : il n’y a aucune scène érotique. Il y a bien des actes suggérés, mais aucune scène explicite. Cela peut surprendre, mais le but du livre est réellement de faire taire les préjugés, même si l’histoire de Sayuri est bien plus belle que celles de nombre d’autres Geisha.
J’aime la manière dont l’auteur (un homme donc) a réussi à rendre les pensées de son personnage féminin. Une telle implication est rare.
Ah, ce livre est une petite merveille ! L’ascension de Sayuri est tellement saccadée, son entourage lui rend les choses si difficiles, qu’on se demande souvent comment elle pourra réussir ! Et les chapitres s’enchaînent sans qu’on puisse s’arrêter.

Je me rend compte que c’est le premier livre dont je recommande chaudement la lecture sur ce blog. Alors ne vous privez pas !


Stupeur et Tremblements
Stupeur et Tremblements
Amélie Nothomb
Editions Le livre de Poche

Il y a un moment maintenant que j’ai lu ce livre. Quelques personnes m’ayant vanté les mérites d’Amélie Nothomb, je me suis sentie obligée de tester… J’ai donc choisi «Stupeur et Tremblements», pour une raison simple : l’action se passe au Japon. Il fallait bien un critère de sélection.
Acheté au format «de poche», la première remarque que je me suis faite en ouvrant le livre fut «oula, c’est écrit gros o_O». Et en effet, j’ai eu la douce sensation d’un retour au CM2… Mais je n’ai rien contre les livres «écris gros», non ! Je préfère juste les livres bien remplis… Et là, écrire aussi gros dans un bouquin aussi fin, c’était le signe que la lecture serait courte.
Donc je commence ma lecture. Et je la finis en 2H30, chrono en main. Rapide, n’est-ce pas.
Résumé : notre petite narratrice travaille dans une entreprise japonaise type, entourée par des supérieurs tyranniques ou absents, dans une ambiance absolument invivable (pour moi en tout cas). Mais elle est courageuse, et raconte le cauchemar que fut sa vie jusqu’à la fin de son contrat.
Déjà, je dis bravo. Non vraiment, au quart des souffrances psychologiques qu’elle a enduré, je serais rentrée chez moi. Mais elle arrive à prendre le recul nécessaire sur sa situation, et à la tourner en dérision.
Mon avis sur le livre : court, bien tourné et très réaliste. Cependant… , il n’est pas drôle, pour moi. Alors l’argument «c’est de l’humour froid» etc, oui, mais non. J’apprécie différents «types d’humours», dont l’humour «froid», mais là, non. Je comprends la démarche, mais ça ne me fait même pas sourire. Ce qui, je le répète, n’enlève rien à la qualité du texte.
Je ne le conseille pas vraiment, mais il est vite lu, au moins.


Saikano1

Ceci aurait sans doute pu (dû ?) être ma première critique d’anime. Pourquoi ? Et bien, Saikano est l’une de mes séries fétiches.
J’ai découvert la série par le biais du manga, il y a longtemps. Bizarrement, j’ai été séduite par les dessins, d’un genre griffonné, étranges et originaux. Je ne savais rien de l’histoire, mais j’ai acheté les premiers volumes. Et là… Ce fut le coup de foudre. L’histoire semble simple : un jeune homme (Shûji) et sa petite amie (Chise), mènent une vie normale, jusqu’au jour où Shûji découvre que Chise est en fait une arme meurtrière, l’Arme Ultime, créée pour la guerre dans laquelle le monde est enlisé.
Ce qui fait la force de cette histoire, c’est la façon dont la vie de ces personnages est présentée. Simple, honnête, l’auteur ne nous épargne pas. Cette série est parfois violente, psychologiquement. Certains passages sont difficiles à supporter (et à oublier). On ne ressort pas indemne de cette lecture.
Cependant, si vous tombez amoureux de cette histoire, la série animée est un passage obligé. L’histoire est fidèlement reproduite, même si certains passages du manga ont été censurés (ou allégés) pour conquérir un public plus grand. On peut le regretter, mais la série ne perd aucunement de sa force. C’est juste «un peu différent». Par contre, l’aspect crayonné du manga est resté, ce qui donne un anime d’une qualité particulière, avec de merveilleux tons pastel.
Il ne faut pas avoir peur de pleurer un peu (Il vaut mieux garder une boite de mouchoirs à porté de main), mais ce n’est pas pour autant une série niaise. C’est simplement parfois trop réel…
Bref, je n’en dirais pas plus et vous laisse le plaisir de découvrir vous-même cette série extraordinaire à tous points de vue, sauf si vous avez trop peur d’en être marqué à vie…

Chise :
Saikano2

Shûji :
Saikano3

Ils sont mignons tous les deux é_è :
Saikano4

Site officiel